Rafah : un carnage sans nom

Politis  • 29 mai 2024
Partager :
Rafah : un carnage sans nom
Rassemblement à Paris, le 27 mai 2024, suite au bombardement d'un camp de déplacés palestiniens, par l'armée israélienne.
© Maxime Sirvins

Massacre as usual… L’armée israélienne a bombardé le 26 mai le camp de déplacés de Barkasat situé dans la ville de Rafah, à l’extrême sud de la bande de Gaza. Un camp humanitaire qu’Israël avait dit « sécurisé ». On a dénombré 45 morts et plus de 200 blessés, selon un bilan encore provisoire. « Un incident tragique », a cyniquement commenté Netanyahou. Les capitales occidentales rivalisent d’adjectifs. Paris se dit « indignée », Washington « bouleversée ». Feinte impuissance et vraie complicité ! Ce carnage est intervenu 48 heures après la publication d’une nouvelle ordonnance de la Cour internationale de justice qui intimait l’ordre à Israël « d’arrêter immédiatement son offensive militaire […] dans le gouvernorat de Rafah ».

Sur le même sujet : Rafah : « J’attends de l’État français qu’il dénonce ce génocide »

La cour se gardait encore de qualifier de génocide la guerre israélienne à Gaza. Dans son ordonnance du 28 mars, elle jugeait le risque « plausible ». Le 24 mai, les juges ont estimé « qu’il existe un risque réel et imminent qu’un tel préjudice soit causé ». En attendant de trouver le mot qui « convient », le massacre peut continuer. La vérité est que le génocide est là, mais que la plus haute juridiction de l’ONU se sait désarmée. Quelles que soient ses conclusions, l’heure de la justice n’est pas venue. C’est le rapport de force politique qui dicte sa loi. Et les États-Unis protègent toujours Israël. Qu’importe que cette politique tue par milliers des enfants palestiniens. Faute de mieux, qu’attend la France pour reconnaître l’État palestinien ?

Recevez Politis chez vous chaque semaine !
Abonnez-vous
Nuisances
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don