Handicap : ces violences sexuelles qu’on ne saurait voir
En institution ou dans le cadre familial, les personnes handicapées sont surexposées aux agressions sexuelles, et ce dès l’enfance. L’impensé collectif qui les entoure peine à se fissurer.
dans l’hebdo N° 1809-1810 Acheter ce numéro

© Noémie Coissac / Hans Lucas / AFP
Une femme compose le numéro de la ligne « Écoute violences femmes handicapées ». Elle a bientôt 40 ans. Son père, chez qui elle vit et dont elle est dépendante, est violent avec elle depuis l’enfance. En parler la terrifie. Chantal Rialin, présidente de l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), dont dépend la ligne téléphonique, ouvre une fiche pour son suivi, l’écoute, la conseille. L’association a créé en 2015 la première permanence d’écoute pour les femmes handicapées victimes de violences et accompagne un peu plus de 200 femmes par an.
Ces femmes sont confrontées à la difficulté de dire et d’accéder aux procédures. Chantal Rialin explique : « La semaine dernière, une femme agressée dans la rue a voulu porter plainte. On lui a demandé de décrire son agresseur alors qu’elle était aveugle ! » Concernant l’accès au droit des personnes handicapées, « la France est très, très, très en retard », confirme Shirley Tong On, vice-présidente de l’association Femmes sourdes citoyennes et solidaires.
En tant que victimes handicapées, nous pouvons nous-mêmes avoir du mal à nous reconnaître comme victimes.
C. ExtensoPendant le confinement, le 3919, numéro d’urgence pour les femmes victimes de violences, créé en 1992, n’était pas encore accessible en langue des signes française (LSF). L’association a donc ouvert une « permanence écoute » par Skype, puis une permanence physique à Paris, toutes deux en LSF. « De quoi permettre aux femmes d’obtenir des informations sur
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