Survivre aux violences sexistes et sexuelles

Affronter au quotidien le souvenir des agressions subies engendre des souffrances tenaces, voire invalidantes. À Lyon, plusieurs dispositifs existent, institutionnels ou plus informels, pour faire face au traumatisme.

Oriane Mollaret  • 16 mai 2024 abonné·es
Survivre aux violences sexistes et sexuelles
Action en soutien a Sophie Abida et ses quatre enfants, devant le ministère de la justice, en octobre 2023.
© Anna Margueritat / Hans Lucas / AFP

Alice* a 24 ans. Elle travaille, rit, profite du beau temps avec ses amis et attend avec impatience les prochains congés. Une jeune femme en apparence insouciante, qui croque la vie. Pourtant, Alice raconte avoir subi des violences sexuelles de la part de l’homme avec qui elle a entretenu une relation de 18 à 21 ans, qui était son enseignant à l’université. Un jour, l’étudiante se confie à la fac, qui signale les violences. La machine judiciaire se met en branle. « Le plus important a été de me sentir écoutée, affirme-t-elle. Mon pilier, ça a été mon université, qui m’a crue et n’a pas mis en doute ma parole une seule seconde. »

D’après le ministère de l’Intérieur, les services de police et de gendarmerie ont comptabilisé 114 100 victimes de violences sexuelles en 2023, dont 85 % de femmes. Seules 6 % de ces victimes ont porté plainte. Alice espère beaucoup de la justice. En attendant, la jeune femme a tenté de tourner la page et de se reconstruire, seule. Jusqu’à ce soir de printemps où elle n’en peut plus. « J’avais l’impression de mourir à l’intérieur, que j’allais disparaître », se souvient-elle avec effroi. Elle sera hospitalisée pendant plusieurs mois dans un établissement psychiatrique.

« Les médecins ont posé des mots et m’ont fait prendre conscience de la gravité de ce que j’avais vécu », souffle-t-elle. Petit à petit, la jeune femme reprend goût à la vie. « Les activités en groupe m’ont beaucoup aidée. Avec les autres patients, on se comprenait dans notre souffrance, sans avoir besoin d’expliquer pourquoi on allait mal. »

Être écoutée et comprise

Comme Alice, certaines

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat
Enquête 21 mai 2026

Visé par des accusations de violences sexuelles, Gérard Darmon est choisi pour présider le festival de cinéma de La Ciotat

Politis avait révélé le témoignage de neuf femmes décrivant un comportement « prédateur » de l’acteur, qui avait nié les faits dans un torrent de menaces et d’insultes. À La Ciotat, le choix de cette présidence choque, sauf son programmateur.
Par Hugo Boursier
De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel
Portrait 13 mai 2026 abonné·es

De l’enfer carcéral au théâtre, la renaissance de Redwane Rajel

Le comédien de 51 ans raconte son parcours de vie accidenté dans un seul en scène salué par ses pairs. Son histoire est celle d’un homme qui s’est reconstruit grâce à la scène, découverte en prison à la faveur des permissions de sortie et des activités culturelles.
Par Hugo Forquès
Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »
Reportage 12 mai 2026 abonné·es

Master Poulet : à L’Après M de Marseille, « il faut arrêter d’utiliser la nourriture pour stigmatiser »

La polémique autour de l’ouverture d’un Master Poulet à Saint-Ouen, contestée par le maire Karim Bouamrane (PS), a charrié des enjeux à l’intersection entre classe sociale, racisme et géographie de territoire. Un sujet qui résonne à L’Après M, restaurant solidaire dans les quartiers nord de Marseille.
Par Zoé Cottin
Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir
Loi 12 mai 2026 abonné·es

Fin de vie : le Sénat abrège les débats sur l’aide à mourir

Les parlementaires ont voté contre l’article sur lequel reposait « l’assistance médicale à mourir », une version plus restrictive du texte adopté à l’Assemblée nationale. Laquelle sera, dorénavant, seul maître à bord du texte.
Par Hugo Boursier