Le gouvernement Barnier, comme un air de revanche des perdants
L’équipe de Michel Barnier comporte quelques personnalités qui ont connu des défaites électorales récentes. Une nouvelle forme de mépris du vote des Français.

© Alain JOCARD / AFP
Les derniers seront-ils les premiers ? Michel Barnier et Emmanuel Macron ont peut-être pensé à cet adage au moment de former le nouveau gouvernement. Cette équipe comporte en effet de nombreux profils ayant connu des défaites politiques récentes. Le choix de nommer ces figures rejetées par le vote raconte la volonté du chef du gouvernement et du président d’ignorer le résultat des élections.
Michel Barnier, minoritaire dans sa propre famille politiqueUn jour, l’ex-représentant de l’Union européenne en charge des négociations sur le Brexit a voulu être président. En vue d’être investi par les Républicains pour la présidentielle de 2022, il se présente au congrès de son parti en 2021. Face à Éric Ciotti, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Philippe Juvin, il arrive à se hisser en troisième position. Avec 23,93 %, il ne se qualifie pas au second tour. Valérie Pécresse remportera la primaire devant Éric Ciotti pour un résultat très décevant à l’élection suprême pour cette famille politique (4,78 %). Il se retrouve aujourd’hui chef d’un gouvernement à la majorité parlementaire très précaire.
Bruno Retailleau, trois défaites dans le CVLe sénateur de Vendée est membre de la Chambre haute depuis vingt ans sans discontinuité. Passé par le Mouvement pour la France (MPF), une formation créée par Philippe de Villiers, il entre à l’UMP en 2010 et préside le groupe au Sénat. Entre-temps, il devient l’un des plus fidèles de François Fillon. Pour la présidentielle de 2017, il est coordinateur de la campagne de l’ex-premier ministre de Nicolas Sarkozy, plombée par l’affaire d’emploi fictif du « Penelope gate ». Avec tout juste 20 %, Fillon n’accède pas au second tour. Mais Retailleau récupère sa microformation, Force républicaine.
En 2020, il se déclare candidat pour la primaire de son parti en vue de la présidentielle deux ans plus tard. Mais il renonce un an plus tard, reconnaissant « en toute sincérité » qu’il n’est pas « le mieux placé pour battre Emmanuel Macron », dans Le Figaro. Après l’échec de Valérie Pécresse, il se déclare candidat pour ravir la présidence du parti. Le soutien de Gérard Larcher, Othman Nasrou, François Fillon, François-Xavier Bellamy ne l'aide
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