Pourquoi les Démocrates ont perdu l’élection présidentielle

Après la défaite de Kamala Harris, les voix critiques de son parti pointent son « progressisme », l’absence de considération des classes populaires et le coût de la vie aux États-Unis. Les positions centristes de la candidate pour convaincre les électeurs indécis n’ont pas suffi.

Edward Maille  • 13 novembre 2024 abonné·es
Pourquoi les Démocrates ont perdu l’élection présidentielle
La fin de la dernière soirée électorale de Kamala Harris, le 5 novembre. Les démocrates n’ont pas réussi à inciter leurs électeurs à se rendre aux urnes.
© IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le réveil a été difficile pour les Démocrates. Alors que, par le passé, il avait fallu attendre plusieurs jours pour avoir les résultats des élections, Donald Trump s’est déclaré gagnant dans la nuit du 5 au 6 novembre. Peu après, les médias états-uniens ont confirmé qu’il devenait le 47e président des États-Unis. Le samedi 9 novembre, les décomptes étaient terminés dans les sept swing states, ces États clés où se jouait la course à la Maison Blanche.

Donald Trump les a tous remportés, totalisant 312 grands électeurs en sa faveur – chaque État vote pour un nombre de grands électeurs qui éliront plus tard officiellement le président – contre 226 pour Kamala Harris (il en fallait 270 pour gagner). La victoire est écrasante.

Donald Trump est devenu le premier président républicain à avoir remporté le vote populaire depuis vingt ans, soit la majorité de l’ensemble des électeurs. Avant l’élection, il avait estimé qu’y parvenir serait « difficile ». Dans cette course qui s’annonçait historiquement serrée, le candidat a récupéré plus d’électeurs qu’il y a quatre ans, tandis que Kamala Harris en a obtenu moins que Joe Biden à la dernière présidentielle.

La principale préoccupation des électeurs était l’économie. Même si le bilan macroéconomique de Joe Biden est positif, les citoyens ont vu les prix s’envoler ces quatre dernières années et ont dû faire face à un coût de la vie élevé. « Ça ne devrait pas être une surprise qu’un Parti démo­crate qui a abandonné la classe ouvrière découvre que cette classe l’a abandonné », a réagi dans un communiqué le sénateur du Vermont et figure de l’aile gauche du Parti démocrate Bernie Sanders.

Est-ce que les ­détenteurs de gros intérêts financiers et les consultants très bien payés qui contrôlent le Parti démocrate vont tirer de vraies leçons de cette campagne désastreuse ?

B. Sanders

« Est-ce que les ­détenteurs de gros intérêts financiers et les consultants très bien payés qui contrôlent le Parti démocrate vont tirer de vraies leçons de cette campagne désastreuse ? Est-ce qu’ils vont comprendre la douleur et l’aliénation politique que vivent des dizaines de millions d’Américains ? Est-ce qu’ils ont ne serait-ce qu’une idée de comment nous pourrions nous attaquer à l’oligarchie de plus en plus puissante qui dispose de tant de pouvoir économique et politique ? Sûrement pas. Dans les semaines et les mois à venir, ceux d’entre nous qui sont préoccupés par la démocratie locale et la justice économique ont besoin d’avoir de très sérieuses discussions politiques », poursuivait-il.

De fait, cette question du pouvoir d’achat a détourné des électorats pourtant traditionnellement favorables aux Démocrates. Donald Trump a obtenu 43 % des voix des 18-29 ans, selon des sondages à la sortie des urnes réalisés par le média NBC, alors qu’en moyenne les jeunes votent jusqu’à 60 % pour les Démocrates.

Le Républicain a

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité
Reportage 13 mai 2026 abonné·es

Ukrainiens en Pologne : de l’hospitalité à l’hostilité

Au moment de l’invasion russe en Ukraine, nombre de familles ont trouvé accueil et protection chez le voisin polonais. Quatre ans après, la situation a changé. Les aides sociales ont été supprimées, les violences sont en hausse, les discours xénophobes et la haine en ligne progressent
Par Maël Galisson
À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population
Monde 7 mai 2026 abonné·es

À Kerkennah, en Tunisie, le soupçon migratoire pénalise la population

Dans l’archipel tunisien, les contrôles de la garde nationale pour empêcher l’émigration clandestine se sont intensifiés depuis 2017. Un dispositif sécuritaire qui entrave la liberté de circuler des habitants et complique les conditions de travail des pêcheurs, déjà dégradées par la pêche illégale.
Par Nadia Addezio
« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »
Entretien 4 mai 2026 abonné·es

« La gauche ne peut pas abandonner. Nous avons le devoir de gagner »

Deux continents, un combat. L’une, Janette Zahia Corcelius, résiste aux raid de l’ICE, la police anti-immigration de Trump. L’autre, Anzoumane Sissoko, lutte pour la régularisation des étrangers depuis vingt-quatre ans. Une rencontre pour penser la résistance transatlantique contre l’autoritarisme et les répressions anti-migratoires.
Par Juliette Heinzlef et Maxime Sirvins
Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »
Enquête 30 avril 2026 abonné·es

Réfugiés afghans : « Je veux la liberté, vivre comme un être humain normal »

Journalistes, personnes LGBTQ+, femmes, enfants : des Afghan·es menacé·es par les talibans témoignent de leur abandon par la France.
Par Ana Pich