À Zweisimmen, tu accoucheras dans la douceur
Après la fermeture de l’hôpital de cette ville suisse en 2015, une coopérative a été créée par des citoyens. Aujourd’hui, la Maternité alpine accueille une cinquantaine de naissances par an et permet aux femmes de ce canton rural d’être suivies au plus près.

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Entre Zweisimmen et Boltigen, la route serpente le long de la rivière Simme. Vitres ouvertes, lunettes de soleil sur le nez, Denise Schranz raconte son quotidien de sage-femme à la Maternité alpine. « J’adore la façon dont nous travaillons ici », témoigne-t-elle. Ce matin-là, la trentenaire, cheveux frisés et yeux rieurs, effectue sa tournée de contrôles post-partum dans le territoire. Après une dizaine de minutes de route, Nadia accueille la sage-femme dans sa maison avec dans les bras la petite Emma, qui a seulement trois semaines.
Tablette à la main, Denise pose des questions à Nadia pour savoir comment elle et son bébé vont depuis l’accouchement. Entourée de son mari et de ses deux premiers enfants, la jeune maman semble apaisée. Ces visites à domicile sont au cœur de la prise en charge de la coopérative pour éviter l’isolement. Après la pesée et des informations données à la famille, la sage-femme range ses affaires et reprend la route de la maternité pour rejoindre ses collègues. Sa garde de 24 heures est terminée, elle va pouvoir se reposer dans l’appartement partagé en colocation avec les autres salariées de la structure.
Ici, ils ont l’habitude de créer des coopératives (...) c’est ancré dans la culture locale.
A. SpeiserEn 2015, la maternité de l’hôpital de Zweisimmen (3 000 habitants) a fermé. Un traumatisme pour les futurs parents des vallées rurales du Simmental et du Saanenland, situées à plus d’une heure de Berne, en Suisse allemande. Pour éviter aux femmes d’aller accoucher à plus de soixante kilomètres de chez elles, une cinquantaine de citoyens et de citoyennes se sont rassemblés localement pour créer la Maternité alpine, une coopérative où la prise en charge des accouchements est faite par des sages-femmes via le modèle des maisons de naissance.
Présidente de la structure et députée du canton de Berne, Anne Speiser se souvient du choc et de l’urgence ressentis à l’époque : « On y voyait une menace de fermeture de l’hôpital. » Originaire d’Alsace, elle a passé une grande partie de sa vie dans ce territoire de montagne, où l’agriculture est centrale, la mobilité compliquée et où les valeurs familiales sont bien ancrées.
Une approche différenteAvec fierté, elle se remémore l’ouverture de la coopérative, un an et demi à peine après la fermeture du service hospitalier : « J’ai toujours été admirative des montagnards qui sont solidaires et innovants. Ici, ils ont l’habitude de créer des
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