« Les femmes s’en mêlent », montée en puissance

Déployant une riche édition 2024 à travers la France, le festival «Les femmes s’en mêlent » – récemment amplifié par le dispositif « Les femmes s’engagent » – agit de longue date pour la valorisation des artistes féminines.

Jérôme Provençal  • 5 novembre 2024 abonné·es
« Les femmes s’en mêlent », montée en puissance
La chanteuse et harpiste Sophye Soliveau (jazz/soul) est au programme de la 26e édition du festival.
© Élodie Martial

C’est le 8 mars 1997, en résonance directe avec la journée internationale des droits des femmes, que l’aventure « Les femmes s’en mêlent » (LFSM) a officiellement démarré – vingt ans pile avant le choc salutaire du mouvement #MeToo, qui a engendré une résurgence massive du féminisme à l’échelle internationale. De taille modeste, cette édition inaugurale du festival s’est déroulée sur une seule soirée, à Paris.

« Quelque chose devait déjà planer dans l’air, se souvient ­Stéphane Amiel, cofondateur de LFSM et seul membre de l’équipe originelle encore présent aujourd’hui. Un festival dédié exclusivement aux artistes féminines, le Lilith Fair, a été créé au même moment aux États-Unis, à l’initiative de la musicienne canadienne Sarah McLachlan. C’est aussi une période très riche au niveau artistique pour les femmes dans la sphère des musiques actuelles. Par exemple, l’album Homogenic de Björk est sorti en 1997. »

Marquée par la révélation de figures majeures telles que Björk, PJ Harvey et Beth Gibbons (chanteuse de Portishead), la décennie 1990 a été en outre intensément secouée par la mouvance riot grrrl, constellation tonitruante de groupes états-uniens (Bikini Kill, Sleater-Kinney, L7…) propulsant un féminisme déterminé sur fond de rock strident, dans la lignée du punk.

À ses débuts, le festival est porté par une petite équipe de bénévoles, garçons et filles, au sein de l’association Bandido. Les deux principaux instigateurs en sont Stéphane Amiel et Jean-Luc Balma, alors collègues de travail (à Canal +), tous deux partageant une passion pour les voix féminines dans la pop et le rock indé, ainsi qu’une inclination particulière pour les groupes mixtes.

Défricheurs

Face au constat de la sous-représentation des artistes féminines dans les programmes des salles de concert et des festivals, l’envie leur est venue de monter leur propre événement, « l’idée étant d’inviter les artistes que l’on ne voit pas ou pas assez, qui n’ont pas de tourneur, qui ne sont pas représentées en France, etc. », précise Stéphane Amiel.

D’abord orienté rock indépendant et pop, LFSM va s’ouvrir ensuite à d’autres esthétiques musicales, en particulier l’électro. Défricheur, cultivant une vraie exigence au niveau artistique, le festival se distingue aussi bien sûr par sa mobilisation précoce en faveur de la cause des femmes sans adopter pour autant une posture militante ostentatoire.

Des publics différents peuvent se rencontrer via le festival, dans un contexte très bienveillant. 

S. Amiel

« Nous nous adressons a priori à tout le monde, pas seulement aux femmes, souligne Stéphane Amiel. Je pense que nous ne devons pas nous enfermer dans un cadre communautariste, d’autant que ça aurait été une prise de position très bizarre à la base, avec deux garçons dans l’équipe (sourire). En tant qu’homme, j’ai justement à cœur d’amener aussi des hommes vers le festival. Des publics différents peuvent se rencontrer via le festival, dans un contexte très

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Musique
Temps de lecture : 7 minutes