« L’Amante anglaise », un crime qui résiste
Le metteur en scène Jacques Osinski s’empare avec l’épure et la radicalité nécessaires de L’Amante anglaise de Marguerite Duras.
dans l’hebdo N° 1836 Acheter ce numéro

© Pierre Grosbois
Remettre aujourd’hui L’Amante anglaise sur le métier théâtral n’est pas une mince affaire, et l’on pouvait se douter que Jacques Osinski en avait conscience en s’y risquant aujourd’hui. Après avoir longuement travaillé sur l’œuvre de Samuel Beckett – il en a monté Cap au pire, La Dernière Bande, L’Image et Fin de partie –, il eût été surprenant que le metteur en scène vienne à Marguerite Duras pour la séduction que peut exercer son œuvre.
Après une introduction dite selon le vœu de l’autrice par une voix off enregistrée, les premiers mots réellement prononcés confirment cette intuition. « Vous voulez bien dire qui vous êtes ? » Parce qu’elle est dite par Frédéric Leidgens, qui vient s’installer parmi le public, cette question très simple d’apparence se charge d’emblée d’une dimension existentielle. Interprète avec Denis Lavant de la Fin de partie d’Osinski, le comédien assure le lien entre la période beckettienne du metteur en scène et sa nouvelle aventure théâtrale.
La diction étrangement saccadée, le timbre à la fois doux et intense de Frédéric Leidgens se prêtent parfaitement au personnage de l’Interrogateur qu’il incarne. Son étrangeté récompense les efforts de Marguerite Duras, qui pour en arriver à ce protagoniste dont on ne sait rien, surtout pas les motifs de son enquête sur le meurtre par une certaine Claire Lannes de sa cousine germaine sourde et
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