Tous les dégoûts sont sur le net

Plusieurs acteurs de l’espace numérique français, oscillant entre l’extrême droite, l’ultralibéralisme et le masculinisme, sont aujourd’hui des têtes d’affiche, suivies par des millions de personnes. Petit tour d’horizon de ces « influenceurs ».

Maxime Sirvins  et  Élise Leclercq  • 6 novembre 2024 abonné·es
Tous les dégoûts sont sur le net
© DR
Papacito

Instagram : 103 000 abonnées ; banni de X (ex-Twitter) et de YouTube

Papacito, de son vrai nom Ugo Gil Jimenez, est un youtubeur toulousain connu pour ses prises de position d’extrême droite. Actif depuis 2012, il s’est d’abord fait connaître avec un blog provocateur, avant de passer à YouTube, où il critiquait la « bien-pensance » et prônait une vision viriliste de la société. En 2021, avec un autre vidéaste spécialiste des armes à feu, il publie une vidéo dans laquelle ils tirent sur un mannequin représentant un électeur de gauche. Il est banni de YouTube en 2023 après plusieurs avertissements. En 2024, il a été condamné pour injures homophobes et incitation à la violence contre un maire qui avait dû être placé sous protection policière. Papacito revendique un attachement au catholicisme, à la ruralité et au nationalisme. Avec Laurent Obertone, Marsault et Laura Magné, ils lancent en 2022 le magazine d’extrême droite Furia.

Le Raptor

YouTube : 704 000 abonnés, 42 millions de vues cumulées

Ismaïl Ouslimani, alias Le Raptor, ancien fer de lance de la fachosphère française sur YouTube,a orchestré un retour remarqué en septembre 2024, après plus d’un an de retrait. Connu pour ses vidéos virulentes et provocatrices depuis 2015, il enchaîne les propos misogynes, pro-Zemmour et appelle au cyberharcèlement. En 2022, il lance sa marque de compléments alimentaires, Raptor Nutrition. Il propose aussi des programmes de coaching sportif coûtant jusqu’à 297 euros avec ebooks et vidéos. Dans sa dernière vidéo climatosceptique de plus d’une heure, il cumule les raccourcis fallacieux et complotistes.

Oussama Ammar

Instagram : 170 000 abonnés ; Youtube : 141 000 abonnés ; LinkedIn : 150 000 abonnés

Oussama Ammar est un entrepreneur et influenceur basé à Dubaï. Dans une de ses prises de parole, il se vante d’être le « pire cauchemar des écolos ». Il apparaît régulièrement dans des débats où il parlede culture, d’amour ou de politique, mais toujours avec une vision ultralibérale. Dernièrement, il s’est affiché sur YouTube avec Thaïs d’Escufon ou encore Le Raptor.

Tibo InShape

YouTube : 25 millions d’abonnés Instagram : 13,4 millions d’abonnés; X : 1,4 million d’abonnés ; TikTok : 14,8 millions d’abonnés

Tibo InShape

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

« La répression ne va pas éteindre les free parties »
Entretien 9 avril 2026

« La répression ne va pas éteindre les free parties »

Dans sa pièce de théâtre documentaire Tribe, le metteur en scène et auteur Pierre Levent revient sur les répercussions du regard médiatique et politique sur les free parties.
Par Hugo Boursier
Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems
Analyse 9 avril 2026 abonné·es

Free parties : l’assaut est lancé contre les sound systems

Propositions de loi, projet gouvernemental, mission sénatoriale : les free parties, rassemblements techno festifs, sont redevenues une cible politique. Une offensive qui s’inscrit dans une longue histoire de méfiance et de répression à l’égard de la fête libre.
Par Maxime Sirvins
Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »
Rencontre 9 avril 2026 abonné·es

Dans les lycées du 93, « plus aucun de nos élèves n’arrive à se régulariser »

Depuis la circulaire Retailleau, en Seine-Saint-Denis, les lycéens étrangers ne peuvent plus se régulariser. Soutenus par les équipes pédagogiques, ils racontent le « combat » qu’est leur vie et la peur des OQTF. Fin décembre, un lycéen du 93 a été expulsé vers le Maroc.
Par Pauline Migevant
Handicap : la France à rebours du droit international
Enquête 8 avril 2026 abonné·es

Handicap : la France à rebours du droit international

Historiquement enferré dans une logique institutionnelle, l’État impose aux personnes handicapées un quotidien en établissement médico-social. Un schéma dénoncé par l’ONU, qui prône une nécessaire désinstitutionnalisation. En dépit de mobilisations, celle-ci est loin d’être envisagée.  
Par Elsa Gambin