2023, funeste année record pour les morts au travail

L’Assurance maladie vient de publier son rapport annuel sur la sinistralité au travail. Avec 759 décès suite à un accident du travail, l’année 2023 confirme la tendance à la hausse déjà constatée l’an dernier.

Pierre Jequier-Zalc  • 16 décembre 2024 abonné·es
2023, funeste année record pour les morts au travail
© Josue Isai Ramos Figueroa / Unsplash

Les années s’enchaînent. Et les chiffres augmentent, inexorablement. Pour la deuxième année consécutive, le nombre d’accidents du travail mortels dépasse des niveaux jamais atteints sur les dernières années. En effet, dans son rapport annuel sur les risques professionnels et la sinistralité, la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) a recensé 759 décès suite à un accident du travail en 2023.

La publication de ce rapport ne fait pas - c’est une habitude - la une des journaux en cette veille de Noël où l’aspect social ne revient dans l’actualité que pour évoquer la peur d’une grève à la SNCF ou chez les transporteurs de colis. Pourtant, ce chiffre, très important, représente une hausse de 21 décès par rapport à 2022 où 738 personnes étaient mortes dans un accident de travail.

Surtout, ce rapport vient conforter une tendance que les données de 2022 avaient commencé à dessiner. D’année en année, le nombre de morts au travail augmente. En effet, il faut mettre de côté les données de 2020 et 2021 qui, du fait du covid-19 et de l’arrêt partiel de l’économie, constitue des années non représentatives. Mais les chiffres de 2022 étaient déjà venus confirmer une forte hausse constatée en 2019.

À l’époque, l’augmentation de 2019 avait été placée sur le compte d’un changement de méthodologie statistique prenant mieux en compte les malaises, sans pour autant que les conséquences de ce changement ne soient pleinement quantifiables. « J’ai discuté avec des statisticiens de la CNAM qui m’ont assuré que ce changement n’expliquait qu’en partie cette hausse », assurait l’an passé, à Politis, Matthieu Lépine, auteur de L’Hécatombe invisible, Enquête sur les morts au travail.

Sauf qu’entre 2019 et 2023, aucun changement méthodologique majeur n’est à noter. Et l’augmentation, elle,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Travail
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

Les produits de nettoyage, un danger chimique qui empoisonne des milliers d’employés
Enquête 30 avril 2026 abonné·es

Les produits de nettoyage, un danger chimique qui empoisonne des milliers d’employés

Chaque jour, dans les bureaux, les hôtels ou encore les usines, des salariés manipulent des produits toxiques et cancérogènes. Pourtant, dans le secteur du nettoyage, faire reconnaître un cancer comme maladie professionnelle reste un épuisant parcours du combattant.
Par Céline Martelet
Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »
Entretien 27 avril 2026 abonné·es

Annie Thébaud-Mony : « Le travail continue d’empoisonner les plus précaires, en toute impunité »

En 2012, la sociologue refusait la Légion d’honneur pour dénoncer l’invisibilisation des enjeux de la santé au travail. Quatorze ans plus tard, pour elle, les leçons des précédents scandales sanitaires n’ont pas été tirées. Elle se félicite cependant que les victimes n’hésitent plus à parler.
Par Céline Martelet
DGFiP : des agents en souffrance et toujours moins de moyens
Enquête 3 avril 2026 abonné·es

DGFiP : des agents en souffrance et toujours moins de moyens

À la Direction générale des finances publiques, les conditions de travail empirent d’année en année. Au point de pousser certains à se donner la mort ? Au sein de l’administration, en 2025, un nombre important de suicides ont eu lieu.
Par Victor Fernandez
Plan social à Aides : séropos et chemsexeurs sur le carreau
Enquête 10 février 2026 abonné·es

Plan social à Aides : séropos et chemsexeurs sur le carreau

Les négociations du plan de licenciement d’Aides, l’association de lutte contre le sida, sont terminées. 55 postes sont supprimés. En bout de chaîne, ce sont les usagers qui devraient en ressentir les conséquences, alors que séropositifs et/ou chemsexeurs peinent déjà à trouver un accompagnement.
Par Morgan Crochet