Réfugiés syriens : des pays européens suspendent les demandes d’asile

Après la chute du régime de Bachar al-Assad, l’incertitude de la situation en Syrie pousse plusieurs pays européens, dont la France, à suspendre les dossiers des réfugiés syriens.

Maxime Sirvins  • 9 décembre 2024 abonné·es
Réfugiés syriens : des pays européens suspendent les demandes d’asile
Des membres de la communauté syrienne, le 8 décembre 2024 à Berlin, en Allemagne, célèbrent la chute de Bachar al-Assad.
© RALF HIRSCHBERGER / AFP

La chute historique du régime de Bachar al-Assad en Syrie marque une rupture politique majeure, entraînant des répercussions bien au-delà du Moyen-Orient. En Europe, les célébrations de la diaspora syrienne ont rapidement laissé place à des annonces politiques sur la gestion des réfugiés. Plusieurs gouvernements, invoquant l’incertitude actuelle en Syrie, ont suspendu les demandes d’asile des Syriens.

Dimanche 8 décembre, des milliers de Syriens se sont rassemblés dans plusieurs villes européennes pour célébrer la chute du régime Assad. À Berlin, environ 5 000 manifestants, ont brandi des drapeaux de la république syrienne et scandé des slogans pour une « Syrie libre ». À Vienne et Paris, la chute du dictateur a également été saluée dans les rues, avec des chants de victoire.

Gel des décisions et expulsion

L’Allemagne, qui accueille environ un million de Syriens, a annoncé un gel des décisions relatives aux demandes d’asile en cours. Nancy Faeser, la ministre de l’Intérieur, a déclaré dans un communiqué que « la situation sécuritaire en Syrie doit être réévaluée avant toute nouvelle décision ». La mesure concerne également les regroupements familiaux, une décision qui pourrait affecter des milliers de personnes en attente de réunification avec leurs proches.

La situation sécuritaire en Syrie doit être réévaluée avant toute nouvelle décision.

N. Faeser

En Autriche, où près de 100 000 Syriens vivent aujourd’hui, la réponse est encore plus drastique. Le ministère de l’Intérieur a annoncé non seulement la suspension des procédures d’asile, mais également la préparation d’un « programme d’expulsion » pour les Syriens déboutés du droit d’asile. Environ 7 300 dossiers sont concernés. Gerhard Karner, ministre de l’Intérieur, a justifié cette décision

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