Donald Trump en croisade contre les personnes transgenres

La nouvelle administration états-unienne entame son mandat avec une série de mesures radicales, destinées à effacer l’héritage progressiste des années Biden. La Maison-Blanche s’emploie désormais à restaurer ce qu’elle appelle « les valeurs américaines ». Derrière ces décisions, Trump mène avant tout une attaque frontale contre les droits fondamentaux, dans un climat de haine exacerbée.

Maxime Sirvins  • 30 janvier 2025 abonné·es
Donald Trump en croisade contre les personnes transgenres
© DR

« L'utilisation des ressources fédérales pour promouvoir l'équité marxiste, le transgendérisme et les politiques d'ingénierie sociale du Green New Deal (projets globaux d'investissement verts promouvant la justice sociale, N.D.L.R.) est un gaspillage de l'argent des contribuables qui n'améliore pas la vie quotidienne des personnes que nous servons. » Le ton est donné. Cette phrase provient du bureau du budget de la Maison Blanche.

Dans un document du 27 janvier 2025, publié par le Washington Post, Matthew J. Vaeth, directeur par intérim, demande ainsi à toutes les agences fédérales étasuniennes de suspendre temporairement toutes « les aides financières fédérales » concernant, entre autres, « l'aide financière à l'étranger, les ONG, DEI (diversité, équité et inclusion), l'idéologie de genre woke et le Green New Deal ».

« Renouveler les valeurs américaines »

Le 20 janvier, lors de la cérémonie d’investiture, Donald Trump avait déjà prévenu : « Cette semaine, je mettrai également fin à la politique du gouvernement qui tente d'intégrer la race et le sexe dans tous les aspects de la vie publique et privée ». Le jour même, dans une liste de « priorités » publiée sur le site officiel de la Maison-Blanche, le 47e président états-unien a exprimé le souhait de « faire du masculin et du féminin une réalité biologique et de protéger les femmes de l’idéologie radicale du genre », comme un exemple de la manière dont le nouveau gouvernement entend « renouveler les valeurs américaines ».

Ces « priorités » ont directement été suivies par plusieurs décrets. Une de ces premières mesures majeures a été la redéfinition fédérale du sexe, signée dès le jour de son investiture. Intitulé « Défendre les femmes contre l’extrémisme des idéologies de genre et rétablir la vérité biologique auprès du gouvernement fédéral », cet ordre exécutif stipule que le gouvernement fédéral ne reconnaît que deux sexes biologiques, masculin et féminin, en mettant de côté l’identité de genre pour de bon.

Le décret prévoit de supprimer le genre « X », introduit sous Joe Biden pour les personnes s’identifiant comme non-binaires sur les documents officiels. Désormais, les passeports et visas devront obligatoirement refléter avec « précision le sexe » assigné à la naissance.

Le document ordonne également aux prisons de veiller à ce « qu'aucun fonds fédéral ne soit dépensé pour une procédure médicale, un traitement ou un médicament dans le but d’accorder l'apparence d'un détenu à celle du sexe opposé ». Dans les prisons fédérales, les femmes transgenres devront être déplacées dans des prisons pour hommes.

Selon le Bureau fédéral des prisons (BOP), environ 1 500 détenues fédérales sont des femmes transgenres. En revanche, on compte 750 hommes transgenres parmi environ 144 000 détenus masculins. Des données fédérales de 2011 montrent que les prisonniers transgenres sont 10 fois plus susceptibles de signaler avoir été victimes d’agressions sexuelles que les autres prisonniers.

La chasse est ouverte

D’autres mesures concernent l'élimination des programmes de diversité, d'équité, d'inclusion et d’accessibilité (DEIA) dans les agences fédérales. Les employés de ces programmes ont été mis en congés forcés. Ces initiatives, mises en place sous l'administration Biden, avaient pour objectif de promouvoir un environnement de travail inclusif pour les minorités, dont les personnes LGBTQ+.

La Nasa, l'agence spatiale, est un exemple frappant de ce virage radical. « Nous prenons des mesures pour fermer tous les bureaux DEIA des agences et mettre fin à

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

« Contre l’impérialisme, les aspirations décoloniales imaginent une autre Russie »
Entretien 23 février 2026

« Contre l’impérialisme, les aspirations décoloniales imaginent une autre Russie »

Quatre ans après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, l’historienne Sabine Dullin livre un éclairage essentiel sur l’impérialisme russe, qui permet de comprendre le rapport de la Russie aux pays voisins mais également à ses propres minorités nationales.
Par Pauline Mussche
Narva, Estonie : dernier arrêt avant Moscou
Reportage 23 février 2026 abonné·es

Narva, Estonie : dernier arrêt avant Moscou

Aux confins orientaux de l’Union européenne, bordant le territoire russe, certaines régions portent encore l’empreinte de l’histoire soviétique. Elles se retrouvent aujourd’hui au cœur de recompositions géopolitiques accélérées par la guerre en Ukraine. C’est le cas de la ville de Narva, en Estonie.  
Par Aude Osnowycz
Leïla Shahid, une vie palestinienne
Disparition 18 février 2026

Leïla Shahid, une vie palestinienne

L’ex-déléguée générale de Palestine en France et auprès de l’Union européenne est décédée ce 18 février. Une forte personnalité qui aura marqué toute une génération de militants ou de journalistes engagés.
Par Denis Sieffert
Des footballeurs palestiniens attaquent la Fifa et l’UEFA pour la colonisation israélienne des stades en Cisjordanie
Reportage 16 février 2026 abonné·es

Des footballeurs palestiniens attaquent la Fifa et l’UEFA pour la colonisation israélienne des stades en Cisjordanie

Onze clubs de football israéliens sont installés dans des colonies illégales en Cisjordanie. Selon nos informations, plusieurs joueurs palestiniens ont porté plainte ce 16 février devant la Cour pénale internationale contre les présidents de la Fifa et de l’UEFA pour « complicité de crime de guerre ».
Par Orlando Vinson et Zeina Kovacs