La mère de Sophie Abida : « Qu’est-ce que ma fille a fait pour mériter tout ça ? »
Malgré des accusations d’inceste, les quatre enfants de Sophie Abida avaient été transférés chez le père. Vendredi 7 février, une trentaine de personnes étaient rassemblées pour une audience déterminante, durant laquelle l’avocate demandait notamment une ordonnance de protection.

© Pauline Migevant
Sur le parvis du tribunal judiciaire de Paris, une trentaine de personnes regardent trois femmes qui se tiennent côte à côte. D’abord, une militante féministe, brandissant malgré le froid une pancarte en soutien à Sophie Abida, dont la doudoune ouverte laisse apercevoir un t-shirt « Je te crois ». « Cette mère a été honteusement écrabouillée par la justice française, c’est inadmissible. Elle a été emprisonnée, piétinée, pendant que des enfants étaient remis à leur agresseur », déclare-t-elle.
Les enfants dénoncent depuis plusieurs mois des faits de violence commis par le père.
S. AbidaÀ côté d’elle, la comédienne Judith Chemla, un soutien de la première heure. Elle dénonce ce qui est arrivé à Sophie Abida et témoigne, elle aussi, avoir été menacée de perdre la garde de sa fille quand elle a voulu la protéger. « Le policier m’a dit : ‘Madame, si vous ne cessez pas de faire la bagarre, la guerre à monsieur, votre fille va être placée, je vais appeler le juge.’ Il m’a dit ça alors qu’il y a eu condamnation, alors que ça a été reconnu, alors que c’est une histoire médiatique. »
La troisième femme est la mère de Sophie Abida. « Justice pour mes petits enfants ! Justice pour ma fille, malmenée, qu’on cherche à bâillonner pour qu’elle parle plus, pour qu’elle abandonne ses enfants. » Elle agite dans l’air le tigre en peluche qu’elle a amené. « Qu'est-ce qu’elle a fait ma fille pour mériter tout ça ? Pourquoi on lui a arraché ses quatre enfants ? » Elle pleure de colère, expliquant avoir peur, quand Sophie ne répond pas au téléphone, qu’elle ait été arrêtée par la police ou qu’elle se soit suicidée.
Quelques personnalités comme le militant écologiste Cyril Dion ou l’actrice Romane Bohringer sont aussi venues en soutien. Si cette foule s'est rassemblée ce vendredi 7 février, malgré le froid qui fait claquer les dents, c’est que l’audience de ce matin est déterminante. Me Rebecca Royer, l’avocate de Sophie Abida, explique : « J’ai d’abord demandé au magistrat de rendre une ordonnance de protection pour protéger les quatre enfants de Sophie Abida et qu’il transfère la résidence des enfants au domicile de leur mère, au moins pendant le temps de l’instruction. Car l’instruction pour viol et agressions sexuelles incestueuses est toujours ouverte mais ça traîne. Le mis en cause n’a jamais été auditionné. »
Nouvelles violencesEn 2021, les enfants ont dénoncé un inceste qui aurait été commis par leur père. La plainte a été classée sans suite. Après une expertise psychologique affirmant que Sophie Abida aurait manipulé ses enfants, réalisée sans qu’elle ou ses enfants n’aient été vus, la garde a été transférée chez le père. En bref, les
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Après la mort d’El Hacen Diarra, « la France veut copier Trump ou quoi ? »
Aide à mourir : loi validiste ou avancée sociale ? Un débat pour comprendre
Aide à mourir : « J’ai peur qu’on me rembourse mon euthanasie plutôt que mon traitement »