Réserve, SNU : comment l’armée veut attirer les jeunes

Alors qu’Emmanuel Macron a promis de « donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir » dans son discours aux armées prononcé la veille du 14 juillet, Politis révèle les coulisses de la nouvelle obsession de l’Élysée depuis des mois : l’agrandissement de la réserve et le développement des capacités militaires.

Hugo Boursier  • 26 mars 2025 abonné·es
Réserve, SNU : comment l’armée veut attirer les jeunes
Ces jeunes participent au dispositif des cadets de la défense, un partenariat entre l’Éducation nationale et les Armées.
© Erwan Rabot / SGA / COM / ministère de la défense

Mise à jour le 13 juillet 2025. Première publication le 26 mars 2025.

Six ans ont déjà passé. Le 4 mars 2019, Sébastien Lecornu, alors ministre des Collectivités territoriales, avait fait partie d’un escadron ministériel chargé d’une toute nouvelle mission : faire la promotion du service national universel (SNU). On en était au début de ce dispositif destiné à « promouvoir la notion d’engagement et de favoriser un sentiment d’unité nationale » parmi la jeunesse, comme le récitait, à l’époque, le gouvernement, suivant la promesse de campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

Au lycée Aristide Briand, à Évreux (Eure), Sébastien Lecornu était venu accompagner Gabriel Attal, alors secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Éducation nationale, et Geneviève Darrieussecq, numéro 2 au ministère des Armées. Toute la journée, le sourire ne l’avait pas quitté. L’Eure, ce territoire dont il a présidé le conseil départemental jusqu’en 2017, et qu’il présidera à nouveau en 2021, faisait partie des treize départements qui expérimentaient le SNU. Une évidence, pour ce colonel de réserve dans la gendarmerie nationale qui a toujours rêvé d’être militaire.

Six ans plus tard, qui d’autre que l’un des plus proches du chef de l’État pour dérouler l’avenir des liens entre armée et jeunesse ? Entre-temps, sur l’étagère politique du Normand, au trophée du plus jeune attaché parlementaire de l’Assemblée nationale s’en est ajouté un autre : celui du plus jeune ministre des Armées depuis la Révolution française. Et dans un contexte de tensions géopolitiques inédites, où les attaques de Vladimir Poutine en Ukraine n’ont d’égales que la complaisance de Donald Trump à l’égard de Moscou, le poste de Sébastien Lecornu revêt une importance stratégique.

Cette culture de la défense doit agir comme le ciment de notre cohésion nationale.

R. de Fritsch

Les positions de Washington forcent les Européens à revoir leur politique de défense. La France, seul pays détenant le bouton rouge de l’arme nucléaire au sein de l’Union européenne, et deuxième exportateur d’armes au monde, a des arguments. Depuis l’investiture de Donald Trump en janvier, le centre de gravité militaire du continent se mesure depuis l’Hexagone. « Il faut bien le dire, nous entrons dans une nouvelle ère », annonçait le locataire de l’Élysée, dans son allocution, le 5 mars. Depuis, il ne se passe pas une heure sans que l’exécutif, les parlementaires ou les médias n’utilisent le mot de « réarmement ».

Sommets européens, déplacement des ministres dans des usines à missiles, forums sur la défense, création d’une épargne pour financer les armées, rencontres avec des investisseurs privés, ouverture des vannes du déficit public : en matière militaire, le vacarme des armes est aussi bruyant que celui de la planche à billets. Mais à côté des canons Caesar et des drones made in France, des questions résonnent dans toutes les têtes : la population française est-elle prête à défendre son pays en cas d’attaque ? Et les jeunes, sont-ils disposés à s’engager ? Si oui, comment ?

Instaurer un « esprit de la défense »

À ces interrogations, les aboyeurs de Bolloré clament au clairon le retour du service militaire, à grand renfort d’un sondage Ipsos annonçant qu’une majorité de Français y est favorable – surtout les plus âgés. Édouard Philippe, lui, ne veut pas autre chose. Le candidat à la présidentielle « milite pour la création d’un service militaire volontaire, qui permettrait de former chaque année au moins 50 000 hommes et femmes supplémentaires », comme il l’a précisé dans Le Figaro.

La députée Droite républicaine des Alpes-Maritimes, Alexandra Martin, corapporteure d’une mission flash sur la sensibilisation de la jeunesse à l’esprit de défense, avait, elle, déjà proposé la création d’un « parcours citoyen universel », pour que les jeunes « soient fiers de leur armée ». Une manière de lutter contre ce qu’elle perçoit comme « un repli individualiste entre des jeunes qui ne suivent plus les règles de la République mais celles de leur clan », explique-t-elle à Politis.

Consolidation de l’éducation morale et civique, participation à « des

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