Torture : Amnesty dénonce les dérives du Taser
Arme controversée du maintien de l’ordre, le Taser est régulièrement présenté comme une alternative non létale aux armes à feu. Pourtant, un rapport accablant de l’ONG révèle son utilisation massive comme acte de torture à travers le monde.

© Création : Maxime Sirvins
L'organisation Amnesty International a publié, ce jeudi 6 mars, un rapport accablant sur l'utilisation des armes à choc électrique, révélant leur usage massif pour la torture et les mauvais traitements à travers le monde. Intitulé « I STILL CAN'T SLEEP AT NIGHT » ("Je n'arrive toujours pas à dormir la nuit"), ce rapport s'inscrit dans une série d'études sur les armes à létalité réduite et met en évidence un manque de régulation internationale sur ces dispositifs, en particulier leur mode de contact direct, appelé « Drive Stun ».
Une arme dévoyée...Le rapport met en lumière la dangerosité dudit mode « Drive Stun », qui consiste à appliquer directement les électrodes du Taser sur le corps de la victime, provoquant une douleur extrême sans incapacitation. Amnesty rappelle que ce mode a été largement condamné par les instances internationales, notamment le Comité contre la torture de l'ONU, qui le considère comme un instrument de soumission et non de neutralisation.
À travers le monde, l’électrocution est la deuxième forme de torture la plus fréquente après les coups.
Malgré son statut d'arme « non-létale », le Taser est régulièrement employé de manière abusive, particulièrement contre des détenus, des manifestants et des populations vulnérables, selon Amnesty. Le rapport souligne qu'à ce jour, 968 000 Tasers sont en service dans plus de 80 pays. À travers le monde, l'électrocution est la deuxième forme de torture la plus fréquente, après les coups.
... et de torture mondialiséeLe rapport d'Amnesty International compile de nombreux témoignages qui mettent en évidence l'usage abusif du Taser et d'autres armes à impulsion électrique. Dans plusieurs pays, celles-ci, comme les matraques électriques ou des dispositifs plus artisanaux, sont utilisées comme outils de torture. En Biélorussie, l'arme est utilisée contre les opposants politiques, souvent dans le cadre d’interrogatoires visant à obtenir des aveux sous la contrainte. En Pologne, en Lettonie et en Lituanie, des réfugiés et des migrants ont été soumis à des décharges électriques dans les centres de détention. L’un d’eux, détenu en Lituanie, raconte : « Je me suis allongé par terre et pourtant ils m’ont tasé trois fois tout en me frappant avec leurs matraques. »
Au Tadjikistan, chaque commissariat possède un « sac de torture » contenant des pinces, des aiguilles, et des Tasers...
En Colombie, en 2020, un avocat a été tasé en « Drive Stun » pendant
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