Aux États-Unis, le monde du travail contre Donald Trump
Créé dans les années de déclin du syndicalisme américain, le mouvement Labor Notes, en forte croissance ces dernières années, espère pouvoir peser face aux attaques à répétition du président républicain.

© ALI MATIN / MIDDLE EAST IMAGES / AFP
D’où viendra la lumière ? Depuis l’investiture, le 20 janvier, de Donald Trump à la Maison Blanche, pas un jour ne passe sans qu’une actualité vienne nous interpeller. Un ouragan réactionnaire et conservateur déferle sur les États-Unis, et les résistances progressistes sont peu nombreuses, ultra-localisées et minoritaires – voire marginales.
Le salut pourrait-il venir du monde du travail, et, notamment, des organisations syndicales ? « Aujourd’hui, plus que jamais, il est primordial qu’on ait des dirigeants du mouvement syndical qui se rendent compte de l’importance du moment et qui soient prêts à prendre des risques vis-à-vis des directions d’entreprise et de l’État de Trump. Il faut leur montrer qu’on va mener des résistances », clame Marsha Niemeijer, organisatrice syndicale états-unienne dans le secteur de l’éducation.
Mi-mars, celle qui est aussi, et surtout, membre de la direction nationale de Labor Notes depuis vingt-cinq ans est venue en France pour raconter l’état du syndicalisme outre-Atlantique. Lors de deux conférences organisées par la CGT, la FSU, Solidaires et des chercheurs du syndicalisme, elle s’est montrée optimiste – tout en concédant que ce n’était tout de même pas la meilleure période pour l’être. Cet espoir, elle le puise dans la croissance significative de son mouvement, Labor Notes, depuis quelques années.
La grève la plus emblématique est celle menée par le syndicat de l’automobile, l’United Auto Workers (UAW).
Par sa forme et ce qu’elle représente, cette organisation n’a pas d’équivalent en France. Labor Notes se définit comme un « projet médiatique et organisationnel qui est la voix des militants syndicaux ». Créé en 1979, alors que le néolibéralisme entame sa folle expansion et le syndicalisme son déclin massif, Labor Notes veut « représenter la tendance de gauche du mouvement ouvrier américain », souligne Marsha Niemeijer.
« La fin des années 1970 est un moment de crise pour les syndicats, notamment dans le secteur privé, avec une baisse dramatique des effectifs syndicaux et un fort enjeu autour de la bureaucratie syndicale, accusée de corruption et de collusion avec le patronat », explique Marie Menard, doctorante au Lise-Cnam, en cours de rédaction d’une thèse sur « le renouveau du syndicalisme enseignant aux États-Unis ».
Le premier mandat de Donald Trump a déjà été très violent pour les droits syndicaux, avec de nombreux décrets – facilitant les campagnes antisyndicales des employeurs. En 2019, dans plus de 41 % des référendums de syndicalisation – les élections internes aux entreprises pour créer une section syndicale –, les employeurs ont violé le droit du travail. Les conditions de licenciement des travailleurs fédéraux ont été assouplies, accompagnées d’une réduction des normes en matière de sécurité au travail.
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