L’héritage du Pape François : réforme plutôt que révolution
Le Pape François a marqué son pontificat par un changement de discours sur des questions cruciales comme l’immigration et la crise climatique, ainsi qu’une ouverture relative sur les questions morales. Il est mort à l’âge de 88 ans ce lundi 21 avril.

© ALBERTO PIZZOLI / AFP
"Le devoir du Conclave était de donner un évêque à Rome. Je sens que mes frères cardinaux sont allés le chercher au bout du monde", a dit le Pape François lors de son premier discours depuis la Basilique Saint-Pierre, le 13 mars 2013. La référence de Jorge Bergoglio, décédé ce 21 avril 2025, au "bout du monde", au-delà d’évoquer son origine argentine, révélait plusieurs clés de son pontificat.
Justice sociale et environnementPremier pape latino-américain, il a apporté au Vatican la préoccupation pour la justice sociale propre à la Théologie de la Libération, née dans cette région, accompagnée d’une attention à l’environnement et aux droits des migrants jamais vue auparavant au Saint-Siège. Cela représentait un changement radical de priorités par rapport aux pontificats de Jean-Paul II et Benoît XVI, centrés sur la morale catholique traditionnelle.
François a publié trois encycliques, qui sont les déclarations pontificales de plus haut rang. Deux d’entre elles abordaient des questions purement politiques : Laudato si’ (2015) traite de la protection de l’environnement, tandis que Fratelli tutti (2020) aborde la justice sociale. Cette dernière encyclique revendique "le droit de chaque individu à trouver un endroit qui réponde à ses besoins fondamentaux", résumant ainsi une position qui a fait de François une conscience critique d’une Europe de plus en plus hostile à l’immigration.
Diversité sexuelle et genreLe pontificat de Jorge Bergoglio a également marqué un changement relatif dans la position de l'Église sur le genre et la diversité sexuelle. Le pape argentin a affiché une plus grande tolérance envers l'homosexualité que ses prédécesseurs, comme il
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