PS : face aux oppositions brouillonnes, Olivier Faure garde la main

Devant des opposants internes qui n’arrivent pas vraiment à s’entendre, le premier secrétaire des roses parvient à garder une surface politique assez importante pour prétendre être réélu à la tête de son parti.

Lucas Sarafian  • 23 avril 2025 abonné·es
PS : face aux oppositions brouillonnes, Olivier Faure garde la main
Olivier Faure et Boris Vallaud à l'Assemblée nationale, à Paris, le 22 janvier 2025.
© Thibaud MORITZ / AFP

Univers parallèle, définition : « Existence d'un espace et d'un temps en parallèle au monde où nous évoluons. Il se trouve quelque part dans la galaxie. » Un univers parallèle, deux mondes qui ne se croisent pas. Voilà dans quoi serait coincé le congrès du Parti socialiste (PS) depuis quelque temps.

D’un côté, les fédérations s’activent partout en France afin d’organiser des assemblées générales pour débattre et présenter les orientations politiques aux militants. De l'autre, les chefs à plume phosphorent dans des réunions secrètes, imaginent des coups de billard à trois bandes pour éliminer leurs concurrents ou s’imposer dans leur propre camp, échafaudent des plans en plusieurs étapes qui doivent les conduire au pouvoir en 2027…

Dans ce deuxième monde, les opposants à Olivier Faure, le premier secrétaire du parti. Tous ceux qui souhaitent renverser le chef se sont unis le 11 avril. L’attelage est mené par l’ambitieux député de l’Eure Philippe Brun, le très médiatique Karim Bouamrane, ainsi que les maires Hélène Geoffroy et Nicolas Mayer-Rossignol. Tous sont d’accord pour sortir leur formation d’une alliance électorale systématique avec La France insoumise (LFI), pour recentrer le parti et, surtout, pour prendre la place du premier des roses.

Mais il reste quelques points à régler. Et en premier lieu, la désignation du chef de file de cet attelage : Philippe Brun, Nicolas Mayer-Rossignol, Carole Delga, Karim Bouamrane, Hélène Geoffroy ? Le temps presse car le conseil national de dépôt des textes d’orientation a lieu ce samedi 26 avril. Le vote sur ces textes d’orientation aura lieu à la fin du mois de mai.

"Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique"

Philippe Brun rêve d'être celui qui portera le drapeau. Le député de l’Eure, qui défend la contribution pour un «Nouveau socialisme » avec la sénatrice Laurence Rossignol, le député Jérôme Guedj ou la trésorière du parti Fatima Yadani, se voit comme un point d'équilibre entre tous les opposants. Mais son courant vient peut-être d’exploser en route : dans un communiqué publié ce 22 avril, Fatima Yadani annonce finalement rejoindre Olivier Faure.

« Ce n’est pas un simple ralliement, c’est une volonté affirmée tant pour le projet que pour la stratégie du PS : à l’heure des graves menaces qui pèsent sur notre démocratie et la cohésion de notre pays, écrit-elle. 2026, 2027 : des rendez-vous électoraux majeurs nous attendent avec le pays. Et comme demain se prépare aujourd'hui, il nous faut dès maintenant sortir de l’entre-soi, dépasser les postures, les nostalgies, les stratégies à courte vue. »

Quand on me dit que je trahis, c’est faux. Je suis militante depuis 25 ans, je n’ai jamais trahi pour un poste.

F. Yadani

Contactée, Fatima Yadani explique sa position : « J’étais partie du camp d’Olivier Faure parce que j’étais en désaccord sur la méthode de gouvernance. Philippe Brun m’a proposé de venir avec lui. Je lui ai dit 'pourquoi pas ?'. On a donc posé cette contribution générale grâce à moi, car il n’est pas membre de la direction, rappelle la trésorière du parti. Et très vite, Philippe Brun a pensé qu’il serait à la tête de cette coalition. Il fait ces communiqués en utilisant mon nom sans attendre ma validation. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de la politique. » La socialiste fait référence au communiqué d’annonce de la fusion des oppositions le 11 avril.

Fatima Yadani a donc appelé Olivier Faure qui aurait accédé à toutes ses demandes : le premier secrétaire devra, selon les dires de la trésorière du parti, conduire une mission d’égalité femmes hommes, créer un secrétariat national consacré aux politiques mises en place par les élus de terrain, mettre en place une commission pour dénicher des profils issus de la société civile, fonder une école de formation pour les futurs élus… « Quand on me dit que je trahis, c’est faux. Je suis militante depuis 25 ans, je n’ai jamais trahi pour un poste », lâche-t-elle.

La maire de Châtillon et proche de Karim Bouamrane, Nadège Azzaz, ainsi que la secrétaire nationale en charge du handicap et de l’inclusion, Samira Laal, lui ont emboîté le pas. Réponse par communiqué

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Politique
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