Quand l’extrême droite part en croisade
La rhétorique d’un populisme religieux qui sacralise l’identité nationale et politise le christianisme émerge. De Trump à Orbán, en passant par Zemmour ou Salvini, le recours à la foi devient un levier pour exclure.
dans l’hebdo N° 1863 Acheter ce numéro

© Beata Zawrzel / Nurphoto / Nurphoto via AFP
Le nouveau pape Léon XIV a beau être américain – une première –, il n’a pas fallu longtemps pour que fleurissent les invectives des conservateurs états-uniens. « Je trouve choquant qu’un tel homme ait pu être choisi pour devenir le pape, avec son fil Twitter et les déclarations qu’il a faites à l’encontre de hauts responsables politiques américains. »
À cette critique de l’ancien conseiller du président américain Steve Bannon s’est ajoutée celle de l’influenceuse Laura Loomer, autre figure de l’extrême droite états-unienne. Celle-ci a caractérisé le chef de l’Église catholique d’« anti-Maga [« Make America great again », N.D.L.R.] et woke ». Et d’ajouter : « Encore un pape pour l’ouverture des frontières. Écœurant. »
C’est un nationalisme d’exclusion qui décrète qui a sa place dans le pays et qui ne l’a pas.
K. StewartÀ première vue, les attaques des conservatistes chrétiens envers le chef du Vatican ont de quoi étonner. Qui de mieux pour défendre les valeurs chrétiennes que le pape lui-même ? C’est qu’une branche de l’extrême droite prône une certaine vision de la religion : vidée de sa spiritualité, elle est conçue comme un marqueur culturel identitaire.
Un nationalisme d’exclusionDe là advient une forme de nationalisme chrétien, replié sur lui-même, qui divise « le peuple » entre les purs et les corrompus. « C’est un nationalisme d’exclusion qui décrète qui a sa place dans le pays et qui ne l’a pas. On ne saurait trop insister sur le fait que c’est la politique qui guide la religion, et non l’inverse », explique à Politis Katherine Stewart, journaliste américaine et autrice du livre Money, Lies and God (Bloomsbury, 2025, non traduit), fruit de son immersion dans le mouvement Maga.
Pour Blandine Chelini-Pont, professeure d’histoire contemporaine à l’université d’Aix-Marseille et
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