« Stups » : petites mains menottées

Alice Odiot et Jean-Robert Viallet filment les passages au tribunal judiciaire de Marseille des prolétaires du trafic de drogues.

Marius Jouanny  • 30 septembre 2025 abonné·es
« Stups » : petites mains menottées
La narration construit un regard sociologique assez fin, qui n’élude pas le contexte social poussant les suspects dans l’illégalité.
© JRH distribution

« Il y aura toujours des gens comme moi ici, des rebeus, des gitans. On nous dit “si tu restes droit…”, mais c’est du mensonge tout ça. Si t’as été en prison, tu peux pas te racheter. Impossible. » Interpellé en possession de 61 grammes de cannabis et 15 grammes de cocaïne, un prévenu s’adresse en ces termes à un enquêteur social avant son audience.

Des moments de vérité comme celui-ci, Stups en propose des paquets, déballés au cours des comparutions de différentes petites mains du trafic de drogues à Marseille : les guetteurs souvent mineurs, les vendeurs, les « nourrices » et les conductrices… Après Des hommes en 2019, portant sur la prison des Baumettes, le duo de documentaristes Alice Odiot et Jean-Robert Viallet remonte la chaîne de l’industrie carcérale pour filmer le tribunal judiciaire de Marseille.

Points de vue

Le film se focalise sur les prolétaires du trafic de stupéfiants, ceux qui enchaînent les allers-retours en prison au profit de leurs patrons, qu’on ne verra jamais à l’écran. La narration construit un regard sociologique assez fin, qui n’élude pas le contexte social poussant les suspects dans l’illégalité. À ce titre, la condamnation à huit mois de prison

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Cinéma
Temps de lecture : 2 minutes