« Big Money », pour remettre les pendules à l’heure
Le pianiste et chanteur Jon Batiste revient aux origines noires des musiques populaires américaines.
dans l’hebdo N° 1880 Acheter ce numéro

© Zite et Léo
En février 2025, lors de la cérémonie des Grammy Awards, Beyoncé remportait le prix du meilleur album country. Détonation dans le monde de la musique, la nouvelle s’était ensuivie d’échanges virulents autour de la question des héritages raciaux des musiques américaines. D’un côté, l’initiative, accordant pour la première fois cette statuette à une artiste africaine-américaine, fut saluée ; de l’autre, elle fut dénoncée comme une entreprise niant l’ancrage de la country dans son passé blanc.
Pour Beyoncé, il s’agissait, avec l’excellent Cowboy Carter, de remettre les pendules à l’heure : non seulement les Noirs peuvent jouer ce qu’ils veulent, mais toutes les musiques populaires américaines, y compris celles catégorisées comme « blanches », s’inscrivent dans la continuité de leurs propres expérimentations.
En ouverture de Cowboy Carter, « American Requiem », coécrit par l’auteur-compositeur Jon Batiste. Coqueluche du moment, Batiste a longtemps assuré la direction musicale du « Late Show with Stephen Colbert » (talk-show politique culte bientôt annulé par sa chaîne, CBS) et composé la musique de la production Pixar Soul.
Pour Batiste, il est question de multiplier les approches pour partir aux origines des musiques populaires
Pianiste de talent, il avait d’ailleurs commenté sa collaboration avec Beyoncé comme une tentative d’en finir avec les barrières du genre. Un an plus tard, son album Big Money s’inscrit
Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :
Pour aller plus loin…
Nayra : « La méritocratie dans le rap vient de la capitalisation de l’industrie »
« Sad and Beautiful World », désespoir et des espoirs
« Peau de serpent », lumière noire