Reçus à Matignon, les syndicats repartent bredouille et en colère
L’ensemble des organisations syndicales avaient posé un « ultimatum » à Sébastien Lecornu après la mobilisation du 18 septembre. Reçues toutes ensemble ce mercredi matin, le premier ministre ne leur a « répondu sur rien ». Elles appellent déjà à une nouvelle grande journée de mobilisation le 2 octobre.

© Alain Jocard / AFP
« Vous croyez au Père Noël. » Le ton est rempli d’agacement, dans ce SMS d’un leader syndical. La question était pourtant simple : « Le premier ministre vous a-t-il accordé des choses ? ». Ce mercredi 24 septembre, les huit organisations syndicales étaient reçues à Matignon par le premier ministre, Sébastien Lecornu, en réponse à « l’ultimatum » qu’elles lui avaient fixé après la mobilisation du 18 septembre.
Après plus de 2 h 20 de réunion, elles sont ressorties en colère. « Lors de son discours de passation, Sébastien Lecornu a évoqué une rupture. Aujourd’hui, on a constaté ni rupture ni engagement concret », tance Sophie Binet, numéro 1 de la CGT, devant Matignon. « C’était long et beaucoup de blabla pour pas grand-chose », confie une autre leader syndicale.
Concrètement, l’intersyndicale avait mis, en amont de ce rendez-vous, six grandes revendications sur la table : « l’abandon de l’ensemble du projet de budget » de François Bayrou, « la mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus, et contraignent le versement des dividendes », « la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises privées », « des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics partout sur le territoire », « une protection sociale de haut niveau et l’abandon du recul de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans », « des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de la France, et des mesures contre les licenciements ».
Un rendez-vous, aucune garantieElles sont sorties sans obtenir aucun engagement de Sébastien Lecornu. Seule petite miette, le premier ministre se serait engagé à « ne pas passer en force » sur une nouvelle réforme de l’assurance chômage. « Ce n’était absolument pas précis. Et ça reste une promesse. On a assez eu de promesses en huit ans sans jamais de résultat derrière. Chat échaudé craint l’eau froide », raille Sophie Binet.
Or, les organisations syndicales avaient prévenu. « Si d’ici au 24 septembre [le premier ministre] n’a pas répondu à [nos] revendications, les organisations syndicales se
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