« L’Entroubli », dans la grâce du chaos
Le premier roman de Thibault Daelman raconte son passage de l’enfance à l’âge adulte dans un quartier populaire, entre violence et amour.
dans l’hebdo N° 1882 Acheter ce numéro

© Le Tripode 2025
C’est une langue taillée au cordeau, du « sur-mesure ». Afin de raconter son enfance, le narrateur – alter ego de l’auteur, Thibault Daelman, dont L’Entroubli est le premier roman – agence les mots d’une manière qui surprend parfois. « J’ai dans le crâne, du verbe au lieu des neurones. Le verbe, sur tout, m’est un souffle », écrit-il. Une fois les premières pages passées et le lecteur acclimaté au rythme singulier de l’auteur, se déroule l’expérience sensible d’un jeune garçon qui doit composer avec une famille dysfonctionnelle en plus d’une pauvreté inscrite sur son front.
Les sensations et le bruit constant de cette famille nombreuse sont la musique de fond de ce roman d’apprentissage qui court de la petite enfance à la majorité. Le récit apparemment convenu du transfuge de classe devient une épopée unique dans laquelle la misère n’est jamais misérabiliste et où tous les personnages sont dignes et complexes. La mère est
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