Aux municipales, comment gauche et quartiers populaires ferraillent pour exister
Partout dans le pays, les collectifs et des militants des quartiers populaires se préparent à la bataille de 2026. Un scrutin qu’ils ne veulent surtout pas ignorer. Mais ils font face à un dilemme : assumer l’autonomie ou rallier des forces politiques.
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Cette fois, c’est la bonne. 2026 sera le scrutin des voix méprisées. Au fond de la salle du café La Table ronde, à Saint-Denis, une petite bande de citoyens engagés, des associatifs et d’ex-militants partagent un rêve : monter une liste d’union de la gauche qui associerait les citoyens et ferait tomber Mathieu Hanotin, l’édile socialiste élu en 2020, trop « autoritaire » selon eux. « Nous ne sommes derrière personne, notre projet n’est pas de prendre la tête d’une liste. Nous voulons que les partis de gauche s’unissent, sans hégémonie d’une force sur une autre, et que les citoyens partent avec eux », affirme Adjera Lakehal-Brafman.
Le groupe s’organise aujourd’hui dans un collectif baptisé « On s’en mêle », une émanation citoyenne du comité dionysien du Nouveau Front populaire (NFP). Leur dernière réunion publique a attiré plus de 70 personnes. « Avec ce collectif, on va être une force d’interpellation. On crée un cadre pour que la société civile s’en empare et pèse dans le débat public », annonce Jonathan Gilberg, salarié dans le logement social.
Ce sont les étiquettes partisanes qui ont dégoûté les quartiers populaires.
J. GilbertLe collectif On s’en mêle tente aussi de créer des ponts avec les partis politiques traditionnels. François Longérinas, militant associatif (et ancien directeur de publication de Politis), l’affirme : « On ne veut pas qu’une force politique ait une hégémonie sur les autres, en ayant par exemple la majorité absolue dans la liste. » Pour le moment, le groupe se confronte à des murs. Jonathan Gilberg raille : « Je trouve ça déplorable que les partis soient dans des guéguerres de postes. Ce sont les étiquettes partisanes qui ont dégoûté les quartiers populaires, parce que les partis restent systématiquement dans leurs jeux d’accord. »
Mais La France insoumise (LFI) a de l’ambition dans cette sous-préfecture de Seine-Saint-Denis. Bally Bagayoko est déjà en campagne. En 2020, cette figure locale portait la liste Saint-Denis en commun, soutenue par le mouvement mélenchoniste. « On est en campagne permanente depuis l’été 2020 car on reste dans une logique d’éducation populaire », assume le candidat. Petit-déjeuner gratuit à l’école, police de proximité, un agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) par classe… Le programme est en cours d’écriture. En parallèle, Bagayoko discute avec les communistes, les écolos et d’autres collectifs comme Seine-Saint-Denis au cœur, un mouvement citoyen proche de LFI.
Quand l’attitude insoumise passe malLa campagne a déjà commencé à Marseille aussi. Mohamed Bensaada, membre du collectif Quartiers Nord/Quartiers forts et du Syndicat des quartiers populaires de la cité phocéenne, travaille sur son projet municipal. Ce militant et compagnon de route de LFI veut
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