Municipales 2026 : LFI à la conquête des villes

Le mouvement insoumis prépare son offensive pour remporter des mairies aux prochaines municipales. Des élections qui engagent un bras-de-fer avec les socialistes et légitimeraient la stratégie de Jean-Luc Mélenchon sur l’abstentionnisme et les quartiers populaires.

Lucas Sarafian  • 20 novembre 2024 abonné·es
Municipales 2026 : LFI à la conquête des villes
À Marseille, l’insoumis Sébastien Delogu se verrait bien prendre la place de Benoît Payan aux prochaines municipales.
© Pierre Huguet / Biosphoto / AFP

Et si cette fois était la bonne ? Pour La France insoumise (LFI), les élections municipales ressemblent plus à une tannée qu’à autre chose. Les insoumis savent que les élections locales ne sont pas leur point fort, que leur organisation est formatée pour les grandes campagnes nationales. Mais, un an avant la présidentielle, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne pourra pas enjamber l’obstacle.

« Ces municipales seront la nouvelle étape de la construction de notre mouvement politique, cela fera dix ans que nous existons », annonce Nathalie Oziol, députée insoumise de l’Hérault et chargée des élections au sein du mouvement. 2026 ressemble donc à une élection capitale pour les insoumis s’ils veulent se positionner comme la première force à gauche et propulser le triple candidat à la présidentielle dans une nouvelle aventure.

L’enjeu est de taille. Les insoumis avaient obtenu de mauvais résultats lors des dernières municipales, en plein covid-19, où l’abstention avait atteint un record. La plupart des listes LFI ont été éliminées dès le premier tour ; les insoumis présents dans des listes d’union de la gauche n’ont pas forcément été bien placés et la stratégie de soutien aux listes citoyennes dans de nombreuses villes n’a pas porté ses fruits. Résultat : LFI ne compte que très peu de maires.

« Notre politique reposait sur une remobilisation populaire, cela n’a pas rencontré le succès qu’on espérait », avait reconnu Jean-Luc Mélenchon lors de l’assemblée représentative du mouvement en juillet 2020. Le récit ­politico-médiatique sur la gauche était clair : les insoumis ont regardé de loin la percée écologiste et le maintien du Parti socialiste (PS).

L’objectif est de montrer que LFI est un mouvement politique durable, ancré dans le paysage politique français, pour 2026 et 2027.

A. Belouassa-Cherifi

Pour ne pas être une nouvelle fois spectatrices de ce scrutin dans deux ans, les têtes pensantes du mouvement « gazeux » planchent déjà sur les municipales. Un « programme de rupture à l’échelle communale », selon les mots d’un cadre de LFI, est en cours d’élaboration. Il pourrait contenir la défense d’un référendum d’initiative locale, le développement et la gratuité des transports en commun et la gratuité « réelle » de l’école publique. Ce programme, en cours de discussion au sein des réseaux militants, sera voté lors de la prochaine assemblée représentative du mouvement, le 14 décembre.

Pour compenser son manque d’implantation, LFI compte s’appuyer sur les achats de permanences. Trois locaux ont été acquis, à Perpignan, à Brest et à Valence. La quatrième ville ciblée est ­Belfort. Un investissement représentant plus de 140 000 euros, dont plus de la moitié vient des dons des militants. La Vienne, la Marne, l’Oise, le Calvados et l’Indre-et-Loire ont été désignés comme départements prioritaires pour accueillir de futurs QG.

« Dans ces départements, il y a des villes qui peuvent basculer bien à gauche. Cela peut être des points d’accueil pour les municipales », concède Antoine Léaument, député LFI et coresponsable de la campagne d’achats de locaux. Toutes ces manœuvres consistent aussi à ne pas se faire doubler par les socialistes, qui ont lancé un groupe de travail pour aborder ces élections. Mais aussi par les écologistes, qui sont en train de cartographier les territoires qui pourraient devenir verts avant de lancer leur campagne en automne 2025.

Tout cela sera-t-il suffisant ? « On dit souvent que La France insoumise oublie le monde rural et se concentre sur les zones périurbaines. Nous voulons maintenant être présents dans tous les

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