« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »

Fondé en mai par le député de Paris Pouria Amirshahi (apparenté Écologiste et social), le mouvement La Digue s’emploie à constituer un front transpartisan contre le mouvement fascisant emmené par Donald Trump. En appelant à un rassemblement « en solidarité avec le peuple américain », sous le coup de la répression de la police de l’immigration, ce mercredi, à Paris.

Olivier Doubre  • 28 janvier 2026 abonné·es
« Contre l’internationale réactionnaire, il existe une soif transfrontalière de résistance »
Le député Pouria Amirshahi prononce un discours lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 27 janvier 2026.
© Dimitar DILKOFF / AFP

Le député de Paris, Pouria Amirshahi*, premier des « frondeurs » du PS contre les gouvernements Valls et Cazeneuve durant le quinquennat Hollande, a lancé le mouvement La Digue en mai dernier. Celui-ci appelle ce mercredi soir, devant le Quai d'Orsay, à Paris, à un rassemblement « en solidarité avec le peuple américain », aujourd'hui sous le coup des attaques meurtrières des fonctionnaires d'agences policières fédérales états-uniennes.

En premier lieu l'ICE, véritable milice armée ultra-violente composée de « barbouzes » qui jouissent d'une vraie impunité, chargés de pourchasser les étrangers en situation irrégulière, mais aussi désormais leurs soutiens éventuels au sein de la population, dans les rues des grandes villes des États-Unis.

Si Trump a été contraint de changer de ton face à l’immense mobilisation contre l’ICE, après que ses agents ont tué Alex Pretti, à Minneapolis, le 24 janvier, l’administration américaine reste toute dévouée au locataire de la Maison Blanche. Lequel affirme, sans cesse, sa prétention à être le chef tout-puissant d’une internationale réactionnaire. Volontiers – et sans complexe – fascisante.

En mai dernier, vous fondiez La Digue, une initiative pour lutter contre cette internationale réactionnaire qui se dessine et se renforce toujours plus. De quoi s'agit-il ?

Pouria Amirshahi : Quand je suis revenu à l'Assemblée nationale en juin 2024, j’ai trouvé, en face de moi, un Rassemblement national qui était organisé, capable d'attirer de plus en plus à lui des groupes de droite, voire au-delà. Très inquiet devant cette situation, et ne voulant pas me cantonner à juste dire « Non au RN », je me suis dit que nous pouvions nous inspirer de ce qui se passe ailleurs dans le monde, notamment dans les démocraties libérales qui ont déjà basculé.

J'ai donc été voir un certain nombre de parlementaires de différents groupes, en leur proposant d'aller nous instruire pour connaître ce qu'il se faisait déjà là-bas. Je me suis moi-même rendu aux États-Unis, d'autres ont été en Hongrie, en

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Monde Société
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