« Débattre des priorités de l’armée est absolument nécessaire »
Auteur de La gauche et l’armée, Maxime Launay, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem), revient sur la manière dont la gauche appréhende les enjeux de défense, alors que La France insoumise propose de sortir de l’Otan.

© NICOLAS TUCAT / AFP
Que pense la gauche de l’armée ? Quelle est sa vision des enjeux de défense ? Quelle lecture stratégique porte-t-elle sur le conflit diplomatique au Groenland, ou sur la résolution de la guerre en Ukraine ? Ces questions, d’une intense actualité, trouvent des éléments de réponse dans La gauche et l’armée, l’ouvrage réalisé par le docteur en histoire et chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l'École militaire, Maxime Launay.
Dans ce livre paru en décembre aux éditions Nouveau Monde, l’auteur propose une histoire conflictuelle de la gauche – dans toutes ses composantes – avec la chose militaire. Un travail utile pour comprendre les positions du Parti socialiste jusqu’au Nouveau Parti anticapitaliste, en passant par La France insoumise, laquelle souhaite sortir de l’Otan.
On a vu aux États-Unis un renforcement autoritaire sous l’administration Trump. Existe-t-il un précédent, pour la gauche et les armées, de tels troubles au sein de l’Otan ?
Maxime Launay : Il y a déjà eu des désaccords importants au sein de l’Alliance atlantique, notamment pendant la guerre froide. Ce fut le cas pour la France en 1966, lorsque le général de Gaulle décida de quitter le commandement intégré de l’Otan au nom de l’indépendance nationale, sans rompre avec l’alliance, ou encore lors de la crise des euromissiles.
Cette crise suscite de vifs débats dans les gauches européennes, en particulier en France où une motion de censure est déposée par le PCF et en Allemagne de l’Ouest où sont organisées des manifestations pacifistes massives. D’autres désaccords sur le rôle de l’Otan surviennent après la fin de la Guerre froide, lors de la guerre en Irak entre ceux qui suivent les États-Unis, à l’instar du Royaume-Uni, et ceux qui s’y opposent, comme la France et l’Allemagne. Toutefois, ça n’atteint pas le degré de politisation que l’on observe aujourd’hui.
Les clivages actuels entre LFI et d’autres forces de gauche sur l'Otan rappellent des oppositions plus anciennes.
La députée insoumise et vice-présidente de l’Assemblée nationale, Clémence Guetté, a annoncé le dépôt d’une résolution sur la sortie de l’Otan. Comment cette proposition s’inscrit-elle dans l’histoire conflictuelle de la gauche avec l’Alliance ?
M.L. : La gauche a toujours été divisée sur l’Otan. Les clivages actuels entre LFI et d’autres forces de gauche rappellent des oppositions plus anciennes. Le PCF a
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