États-Unis : face aux menaces impérialistes de Trump, une difficile opposition politique
Face aux ambitions militaires sans contrôle de Donald Trump, les élus démocrates et une poignée de Républicains au Congrès cherchent à rétablir des garde-fous, alors que le président brandit la menace d’autres projets expansionnistes, comme au Groenland.

© SAUL LOEB / AFP
C’est une victoire symbolique, mais tout de même une victoire pour les opposants à Donald Trump. Le Sénat américain a voté, jeudi 8 janvier, pour faire avancer un projet de loi afin de renforcer le contrôle du Congrès sur d’éventuelles futures opérations militaires voulues par Donald Trump au Venezuela. La mesure intervient moins d’une semaine après la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et de sa femme Cilia Flores par l’armée américaine.
Des élus démocrates du Congrès ont dénoncé une opération militaire illégale, car Donald Trump n’avait pas demandé l’autorisation du Congrès – il ne l’avait même pas informé. De son côté, le gouvernement affirme qu’il s’agissait d’une opération de lutte contre le narcotrafic, ce qui ne relèverait pas de l’autorité du Congrès – le dirigeant et sa femme comparaissent actuellement devant la justice américaine, accusés notamment de « narcoterrorisme ».
La volonté de récupérer le GroenlandMais l’opération inquiète les opposants à Donald Trump : quelles limites existent face à d’éventuelles futures opérations à l’étranger voulues par le président ? D’autant qu’il est resté vague sur la suite pour le Venezuela. Après l’opération, il a affirmé qu’il n’avait « pas peur de bottes sur le terrain ». À quoi s’ajoutent d’autres velléités militaires brandies ces derniers jours, quand Donald Trump a estimé que le contrôle du Groenland était essentiel pour les intérêts américains, entretenant le doute sur la manière d’y parvenir.
Le président a également menacé d’intervenir en Iran, et étudiait la possibilité de mener des frappes, en soutien aux manifestations de masse qui s’opposent au régime et font l’objet de répression violente des autorités (1).
Ces ambitions militaires s’inscrivent dans un contexte de très fortes tensions après la mort, filmée, de Renee Nicole Good, 37 ans, tuée par un agent de la police fédérale de l’immigration (ICE) lors d’une opération à Minneapolis, le 7 janvier. Depuis cette date, de nombreux rassemblements ont été organisés à travers le pays. Dimanche, la ministre de la sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé l’envoi de « centaines » d’agents fédéraux supplémentaires dans la ville démocrate du Minnesota.
Les élus républicains n’ont pas montré une forte volonté de contrôler la Maison Blanche.
D’après une enquête du Guardian, 32 personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ICE en 2025. Ce qui en fait l’année la plus meurtrière pour cette agence depuis plus de vingt ans. Le 31 décembre, un policier de l’ICE, qui n’était pas en service, a aussi abattu un homme noir de 43 ans, Keith Porter Jr, le 31 décembre à Los Angeles.
Face à ces menaces, se pose la question de l’existence, et de l’efficacité, de contre-pouvoirs. Et le Congrès est le lieu privilégié pour assurer ce contrôle. La Constitution américaine lui donne justement – et non au président – le pouvoir pour déclarer une guerre. Le Parti républicain dispose actuellement d’une majorité à la chambre des représentants et au Sénat, et depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, ses élus n’ont pas montré une forte volonté de contrôler la Maison Blanche.
Cinq sénateurs républicains dissidentsMais ce jeudi 8 janvier a marqué un revirement. Cinq sénateurs républicains se sont joints à l’ensemble des Démocrates – avec 52 voix pour et 47 contre – afin de voter cette motion de procédure. Elle vise à réaffirmer que le Congrès aura son mot à dire pour toute nouvelle intervention au Venezuela (2).
La mesure a peu de chances d’aboutir, car même si elle obtient les voix nécessaires lors du vote officiel au Sénat, elle devra ensuite passer par la
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