Librairie Violette and Co : l’État et l’extrême droite ensemble contre les librairies soutiens à la Palestine
Le 7 janvier, la librairie parisienne Violette and Co a été perquisitionnée par la police, dans le cadre d’une enquête autour de la publication du livre de coloriage pour enfants sur la Palestine From The River to The Sea. Cet événement inédit survient dans le contexte d’une vagues d’attaques dans plusieurs villes françaises contre les librairies en soutien à la Palestine.

© Nattes à chat / CC BY-SA 4.0
7 janvier. Comme chaque jour vers 10 h 30, la librairie féministe et LGBTQIA+ Violette and Co du 11e arrondissement de Paris ouvre ses portes au public. Mais au lieu de ses lecteurs et lectrices habituelles, ce sont cinq policiers et un procureur de la République qui en franchissent le seuil. Pendant trois quarts d’heure, l’établissement est fouillé de fond en comble, des rayons à la trentaine de cartons de livres de la réserve en passant par la salle de pause, sous les yeux médusés des salariées.
Quel livre cherchent-ils obstinément ? Un livre de coloriage sur la Palestine initialement édité en Afrique du Sud, From The River to The Sea, que la librairie avait affiché en vitrine durant l’été 2025, mais qui n’est alors plus en stock.
Avant de repartir bredouilles, les policiers annoncent une convocation des libraires de Violette and Co au commissariat le 22 janvier pour une audition libre, dans le cadre d’une enquête préliminaire faisant suite à un signalement du ministère de l’Intérieur qui dénonce « le fort parti pris historique et idéologique de l’ouvrage ». Le même jour, le procureur envoie aux libraires un document interne de la Commission de surveillance et de contrôle des publications pour la jeunesse (CSCPJ) donnant un avis défavorable à l’importation en France du livre de coloriage, en date du 14 novembre 2025.
Cette censure d’État intervient à la suite d’une offensive médiatique et d’actes de vandalisme datant de l’été dernier.
L’éditeur n’a été informé de cette interdiction que le lendemain de la perquisition, le 8 janvier, constituant un délit « d’importation de publication destinée à la jeunesse comportant un contenu dangereux pour elle en raison de son caractère pornographique, illégal ou immoral », passible d’un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende.
Vague de harcèlementCette censure d’État intervient à la suite d’une offensive médiatique et d’actes de vandalisme datant de l’été dernier. La librairie Violette and Co s’était alors vue épinglée par les médias Bolloré et la droite locale pour la présence en vitrine de ce livre de coloriage. Le slogan historique de la lutte palestinienne qui donne son titre au livre – attribué au Hamas alors que sa popularisation est antérieure à la création de cette organisation –, est interprété par ces derniers comme antisémite.
Une vague de cyberharcèlement, puis des tags inscrivant « Hamas violeur », « islamo complice » à l’acide sur sa vitrine avaient suivi. Six mois plus tard, c’est donc une perquisition policière qui s'ajoute à ces attaques. Ces événements
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