« La direction des Écologistes participe au morcellement de la gauche »
[Municipales 2026] À l’approche des municipales, Sergio Coronado, ancien député vert, dénonce la ligne tenue par la direction nationale des Écologistes. Le rapprochement avec le Parti socialiste et la mise à l’écart de la France insoumise risque, selon lui, de fragmenter davantage la gauche.

© Blanca CRUZ / AFP
À moins de 50 jours des élections municipales, une fronde prend corps dans les rangs des Écologistes. Une tribune publiée dans Mediapart signée par plus de 500 élus et militants du parti entend bousculer les configurations municipales dans plusieurs villes de France. De Montpellier à Paris, en passant par Marseille, les « frondeurs verts » mettent en cause une direction politique aux airs de « béquille d’une social-démocratie qui entend exclure la France insoumise ».
Candidat sur la liste insoumise de Sébastien Delogu à Marseille, Sergio Coronado, ancien député écologiste (2012-2017), candidat en 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire (NFP) et secrétaire général du groupe Écologiste et pluriel au conseil municipal de Marseille, a démissionné de son parti en décembre. Mais il a signé cette tribune. Il revient sur les désaccords stratégiques qui secouent le mouvement depuis les élections européennes et qui pèseront sur la séquence qui amène sur l’élection présidentielle de 2027.
La ligne politique qui pousse Les Écologistes dans les bras du Parti socialiste sous prétexte de défendre des mairies écologistes sortantes.
Vous critiquez la ligne tenue par Marine Tondelier. Quel est votre désaccord avec la stratégie du parti ?
Sergio Coronado : Je déplore une ligne politique opportuniste qui fait l’éloge de l’unité à gauche alors que, de manière inédite, elle pousse Les Écologistes dans les bras du Parti socialiste sous prétexte de défendre des mairies écologistes sortantes. Cette stratégie est menée tambour battant par la direction nationale du parti et par sa principale dirigeante, Marine Tondelier elle-même. Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, la direction s’est engouffrée dans une primaire qui n’inclut pas la principale force de gauche, La France insoumise. Elle participe en réalité au morcellement de la gauche.
Vous êtes signataire de cette tribune intitulée « Municipales 2026 : à la social écologie, préférons l’écologie de rupture », publiée sur le blog de Mediapart. Espérez-vous que cet appel crée une large « fronde » chez les militants et élus écolos ?
Notre perspective n’a pas d’enjeu interne : nous voulons éclairer la période. Cette stratégie, qui n’est pas entièrement assumée publiquement par la direction, aura des conséquences, aux municipales comme dans la séquence qui nous mène jusqu’à la présidentielle. Cette tribune ouvre un espace politique de discussion pour celles et ceux qui sont insatisfaits et ne veulent pas se retrouver embarqués dans une orientation sans qu’un mandat ait été voté après débat. Il y a environ 500 signataires : des écologistes, des démissionnaires récents et d’anciens militants qui se sont éloignés par insatisfaction politique. Nous ne cherchons pas à empêcher la direction des verts de dormir.
Quelle est la température chez les signataires à l’approche des municipales ?
Nous sommes assez surpris par l’emballement et par le nombre de signatures qui continuent d’arriver. Cela montre qu’il y a un écho. Nous étions un certain nombre en discussion depuis longtemps, pas nécessairement tous au sein des verts. Julia Mignacca a été au cœur du collectif, alors qu’elle est l’une des représentantes de la « génération Marine ». D’autres militants, comme Sébastien Barles (adjoint au maire de Marseille délégué à la transition écologique) et moi-même, sommes plus âgés. J’ai déjà accompagné la candidature de Jean-Luc Mélenchon en 2017, non par amour de Mélenchon ni par détestation des socialistes, mais parce qu’il ne me semblait pas raisonnable de considérer qu’après le
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