« La direction des Écologistes participe au morcellement de la gauche »

À l’approche des municipales, Sergio Coronado, ancien député vert, dénonce la ligne tenue par la direction nationale des Écologistes. Le rapprochement avec le Parti socialiste et la mise à l’écart de la France insoumise risque, selon lui, de fragmenter davantage la gauche pour les municipales.

William Jean  • 30 janvier 2026 abonné·es
« La direction des Écologistes participe au morcellement de la gauche »

© Blanca CRUZ / AFP

À moins de 50 jours des élections municipales, une fronde prend corps dans les rangs des Écologistes. Une tribune publiée dans Mediapart signée par plus de 500 élus et militants du parti entend bousculer les configurations municipales dans plusieurs villes de France. De Montpellier à Paris, en passant par Marseille, les « frondeurs verts » mettent en cause une direction politique aux airs de « béquille d’une social-démocratie qui entend exclure la France insoumise ».

Candidat sur la liste insoumise de Sébastien Delogu à Marseille, Sergio Coronado, ancien député écologiste (2012-2017), candidat en 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire (NFP) et secrétaire général du groupe Écologiste et pluriel au conseil municipal de Marseille, a démissionné de son parti en décembre. Mais il a signé cette tribune. Il revient sur les désaccords stratégiques qui secouent le mouvement depuis les élections européennes et qui pèseront sur la séquence qui amène sur l’élection présidentielle de 2027.

Suite à la sortie de cette tribune chez Mediapart, le bureau politique des écologistes sort l’artillerie lourde. Dans un mail adressé aux signataires, elle somme les frondeurs à retirer leur soutien avant dimanche sous peine de suspension dès lundi matin. Pour Sergio Coronado, cette réaction est « disproportionnée et mensongère ». Le mail accuse les signataires de collusion directe avec la France Insoumise, Coronado s'en défend et plaide pour la liberté dans les débats, il ajoute également que cette réaction alimente une « chasse aux sorcières » au sein du parti.

La ligne politique qui pousse Les Écologistes dans les bras du Parti socialiste sous prétexte de défendre des mairies écologistes sortantes.

Vous critiquez la ligne tenue par Marine Tondelier. Quel est votre désaccord avec la stratégie du parti ?

Sergio Coronado : Je déplore une ligne politique opportuniste qui fait l’éloge de l’unité à gauche alors que, de manière inédite, elle pousse Les Écologistes dans les bras du Parti socialiste sous prétexte de défendre des mairies écologistes sortantes. Cette stratégie est menée tambour battant par la direction nationale du parti et par sa principale dirigeante, Marine Tondelier elle-même. Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, la direction s’est engouffrée dans une primaire qui n’inclut pas la principale force de gauche, La France insoumise. Elle participe en réalité au morcellement de la gauche.

Vous êtes signataire de cette tribune intitulée « Municipales 2026 : à la social écologie, préférons l’écologie de rupture », publiée sur le blog de Mediapart. Espérez-vous que cet appel crée une large « fronde » chez les militants et élus écolos ?

Notre perspective n’a pas d’enjeu interne : nous voulons éclairer la période. Cette stratégie, qui n’est pas entièrement assumée publiquement par la direction, aura des conséquences, aux municipales comme dans la séquence qui nous mène jusqu’à la présidentielle. Cette tribune ouvre un espace politique de discussion pour celles et ceux qui sont insatisfaits et ne veulent pas se retrouver embarqués dans une orientation sans qu’un mandat ait été voté après débat. Il y a environ 500 signataires : des écologistes, des démissionnaires récents et

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