Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »

Le spécialiste de l’extrême droite Gilles Ivaldi, chargé de recherche CNRS au Cevipof, relativise l’impact politique du procès. Et estime que la possible accession de Bardella comme candidat ne provoquerait pas de guerre au sein du parti.

Lucas Sarafian  et  Maxime Sirvins  • 13 janvier 2026 abonné·es
Procès FN-RN : « Ce procès affecte Le Pen personnellement, mais pas Bardella »
Marine Le Pen, à l'Assemblée nationale, le 12 octobre 2023.
© Michel Soudais

Tornade judiciaire, séisme politique. Ce 13 janvier, le procès en appel des assistants parlementaires du Front national (FN), ex-Rassemblement national (RN), s’ouvre pour cinq semaines. En première instance, Marine Le Pen a été déclarée coupable d’avoir mis en place, pendant douze ans, un « système » pour payer des salariés du FN avec l’argent du Parlement européen. Le 31 mars dernier, elle a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, 100 000 euros d’amende mais, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.

La confirmation en appel de ce jugement aurait de lourdes conséquences politiques pour Marine Le Pen et le RN. Jordan Bardella pourrait être le candidat à la présidentielle de 2027. Une promotion qui pourrait troubler la ligne idéologique et déstabiliser le parti d'extrême droite. « Nous abordons ce procès avec beaucoup de combativité, a pourtant assuré Jordan Bardella, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier. Nous allons évidemment utiliser ces semaines de procès pour démontrer la totale innocence du Rassemblement national sur cette affaire. »

Les dernières enquêtes d’opinion affirment que Jordan Bardella aurait les faveurs de l’électorat du RN. Celui-ci n’est-il pas déjà en train de faire le deuil de Marine Le Pen ?

Gilles Ivaldi : Probablement un peu. Ce qui est sûr, c’est que Jordan Bardella est très populaire : les enquêtes le placent régulièrement en tête des personnalités politiques, avec une cote parfois supérieure à celle de Marine Le Pen. Dans les projections présidentielles, il fait aussi bien, sinon mieux, que la triple candidate naturelle. Un plan B existe et paraît crédible. Bardella s’impose comme un remplaçant plutôt fiable. Mais au fond, la question du candidat n’est pas si déterminante. L’enjeu principal, pour eux, c’est que le RN soit représenté, et les sondages suggèrent que la substitution n’entraînerait pas de rupture majeure dans l’opinion.

Après le procès en première instance, Marine Le Pen avait mis en place une stratégie de victimisation, tentant de se poser en défenseure de l’État de droit prise pour cible par une

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