« Soulèvements », le bien commun en héritage
Le documentaire de Thomas Lacoste sur les Soulèvements de la Terre atteint le plus simplement du monde des dimensions anthropologiques et civilisationnelles.

Que le film de Thomas Lacoste soit voué à venir en soutien aux membres des Soulèvements de la Terre, amplement criminalisés, ne fait pas l’ombre d’un doute. En cela, la citation que nous avons retenue pour titrer l’entretien que le cinéaste nous a accordé est explicite. Mais comment ce « pare-feu cinématographique et citoyen » est-il élaboré ? Pourquoi paraît-il à nos yeux solidement étayé ?
Ces mots, ces visages, nous entraînent loin, très loin.
Précisément parce que l’horizon du film va bien au-delà de ce qui serait une classique « défense et illustration » des Soulèvements de la Terre. Contrairement à ce que montre la bande-annonce – des images de luttes, d’actions, de confrontations sur le terrain –, Soulèvements est constitué très majoritairement d’entretiens. C’est-à-dire de plans sur des personnes qui prononcent des mots. Or, ces mots, ces visages, nous entraînent loin, très loin.
Par exemple, toute une séquence est consacrée à un jeune homme devenu spécialiste des chants d’oiseaux. « Devenu » est le terme adéquat, car, en bon urbain, il est parti d’une ignorance totale. Filmé en pleine nature, il marche, attentif aux sons, puis se met à parler. Au fur et à mesure qu’il s’exprime, un phénomène se produit. La façon qu’il a de témoigner de sa connaissance en ornithologie a pour effet, sur le spectateur, de redonner une pleine existence à cette population animale qui nous est faussement familière. C’est comme si, en ce qui concerne les oiseaux, le monde se repeuplait. Et comme si ce jeune homme nous invitait à mieux l’habiter (sans aucunement nous sermonner).
Tout, ici, est signe d’une œuvre d’envergure.
Transmission inverseAutre exemple : un homme d’une cinquantaine d’années, filmé avec une jeune activiste, explique qu’il était peu politisé
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