Fin de l’ère Le Pen ? Trois spécialistes de l’extrême droite décryptent l’hypothèse Bardella
La fin du procès des assistants parlementaires européens du RN laisse de plus en plus se dessiner le scénario d’une présidentielle sans Marine Le Pen. Mais pour l’instant, le parti prépare davantage un remplacement qu’un changement.

© Romeo BOETZLE / AFP
Ce mercredi 11 février 2026, la cour d’appel de Paris clôt les débats du procès des assistants parlementaires européens du Front national devenu Rassemblement national, ouvert le 13 janvier. Au cœur du dossier : des emplois présumés fictifs financés par le Parlement européen au bénéfice de l’appareil partisan, pour un montant évalué à 4,4 millions d’euros.
Pour Marine Le Pen, l’enjeu dépasse le tribunal. Il structure déjà la préparation de la présidentielle de 2027. Le 3 février, le parquet général a requis contre elle quatre ans de prison (dont trois avec sursis), 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité. La décision de la cour est attendue avant l’été. Mais dans cette séquence, une question revient avec insistance, y compris au sein du RN. Une inéligibilité de Marine Le Pen signifierait-elle « la fin de l’ère Le Pen » et l’avènement de Jordan Bardella ? Trois universitaires spécialistes de l’extrême droite tentent de répondre à cette question historique.
Un choc déjà intégréPour Benjamin Tainturier, spécialiste de l’engagement politique et de l’influence des discours d’extrême droite, une inéligibilité serait « un choc pour le RN et même pour la France », parce que Marine Le Pen « est une candidate très importante ». Mais « on a l’impression que le parti s’y est préparé : ses éléments de langage montrent qu’il a intégré la possibilité de l’inéligibilité », ajoute-t-il. Dans ce scénario, la conclusion lui paraît presque mécanique : « Logiquement, ce sera Jordan Bardella le candidat. »
Même idée chez Safia Dahani, docteure en science politique, qui rappelle que la mise en scène d’un duo Le Pen-Bardella ne date pas d’aujourd’hui : « Ce n’est pas une stratégie née du procès mais ça remonte à plusieurs années. Ils se partagent le “gâteau“ depuis longtemps. » Le politologue spécialiste de l’extrême droite, Sylvain Crépon, lui, insiste sur la nature de la secousse. « Un choc, oui et non : ce sera surtout un choc interne, parce que depuis sa création, ce parti est indissociable du nom Le Pen, de la dynastie Le Pen. » La « présidentiabilité » du RN s’est banalisée, mais
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