« Plus que jamais la lutte contre l’extrême droite est légitime et indispensable »
Face l’instrumentalisation de la mort de Quentin Deranque, des militants associatifs, syndicaux, et acteurs de la société civile appellent à un sursaut contre les idées d’extrême droite.

© Salomé Dionisi
Depuis la mort de Quentin Deranque, l’extrême droite sous toutes ses formes, relayée par les représentants de la Macronie et du gouvernement, multiplie les amalgames et les attaques contre la gauche, et cherche à décrédibiliser la lutte antifasciste.
Cette mort violente, survenue suite à un affrontement entre nationalistes et antifascistes, a pourtant été largement condamnée. Redisons-le : aucune cause ne justifie la mort d’un individu. La mort de Quentin Deranque, quelles que soient les opinions de ce dernier, demeure un drame pour sa famille et pour ses proches. Cette mort est aujourd’hui instrumentalisée de la façon la plus honteuse. Nous ne pouvons communier dans la douleur avec les fauteurs de haine.
L’avalanche des attaques verbales et physiques qui déferlent depuis le 13 février, visant des militants et des locaux syndicaux ou politiques, cherche à faire taire toute voix antifasciste.
Face à ce déferlement, nous voulons réaffirmer la nécessité de l’antifascisme. Rappelons que celui-ci, loin d’être une idéologie dangereuse, est d’abord et avant tout une réaction contre des forces réactionnaires qui s’en prennent aux étrangers ou supposés tels, aux femmes, aux minorités de genre ou d’orientations sexuelles, aux journalistes, aux démocrates…
En l’occurrence, la ville de Lyon, bien connue pour les divers groupes nationalistes et néofascistes qui occupent ses rues, a été le théâtre de nombreuses violences commises par ces groupes, suscitant la réaction défensive de militants antifascistes de la ville. Et, selon une vidéo publiée par Le Canard enchaîné, le drame de Lyon qui a conduit à la mort de Quentin Deranque a débuté lors d’une rixe où des militants identitaires cagoulés et armés s’en sont pris à un autre groupe de personnes. Ces éléments sont contradictoires avec la thèse relayée au plus haut sommet de l’État et par la majorité des médias d’un guet-apens organisé par des antifascistes.
Lyon n’est pas la seule ville concernée. Depuis 2022, on comptabilise en France au moins 11 morts et 19 blessures graves liées à des agressions racistes et/ou d’extrême droite.
Nous, signataires, souhaitons que toute la lumière soit faite sur les circonstances qui ont entouré la mort de Quentin Deranque. Nous réaffirmons la légitimité de la lutte contre l’extrême droite et la résurgence des idées héritées du fascisme, en France comme dans de très nombreux pays.
Nous sommes toutes et tous antifascistes !
Premiers signataires
Youlie Yamamoto, porte-parole Attac France
Corinne Masiero, comédienne
Denis Robert, écrivain, journaliste, fondateur de Blast
Fabrice Nicolino, essayiste et journaliste
Fanny Taillandier, écrivaine
Rémy Toulouse, éditeur, La Découverte
Pierre Jacquemain, directeur de la rédaction de Politis
Frédéric Lebaron, revue Savoir/Agir
Christian Mahieux, président des éditions Syllepse
Louis Weber, éditeur
Bernard Dreano, président du CEDETIM
Franck Gaudichaud, co-président de France Amérique Latine
Faycal Benabdallah, président de la Fédération des tunisiens citoyens des deux rives (FTCR)
Mouhieddine Cherbib, président du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
Geneviève Legay, militante altermondialiste
Laura Thieblemont, co-présidente des Amis de la Terre
Marie Cohuet, co-présidente des Amis de la Terre
Laurence De Cock, vice-présidente de l’Observatoire national de l’extrême-droite
Éloïse Lefebvre-Milon, Co-Secrétaire Générale de l’Union Étudiante
Léa Jules-Clément, Co-Secrétaire Générale de l’Union Étudiante
Sofia Tizaoui, présidente de l’Union Syndicale Lycéenne
Manon Moret, secrétaire Générale de l’Union Nationale des Etudiants de France
Philippe Martinez, ancien Secrétaire Général de la CGT
Marie-Pierre Vieu, co-présidente de la fondation Copernic
Sarah Durocher, présidente du Planning Familial
Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes
Monique Dental Esparraguera, Réseau Féministe « Ruptures »
Pascale Martin, présidente Femmes Solidaires
Alima Boumedienne-Thiery, Femmes Plurielles
Mimosa Effe, Les Inverti·e·s
Philippe Labansat, association Trans’Lib
Patrick Silberstein, cofondateur des éditions Syllepse, ex-animateur de Ras l’front
Murielle Guilbert, co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires
Julie Ferrua, co-déléguée générale de l’Union syndicale Solidaires
Angélique Grosmaire, secrétaire générale SUD-PTT
Sandra Demarcq, secrétaire générale de Solidaires Finances Publiques.
Julien Troccaz, secrétaire fédéral SUD-Rail
Priscilla Manzanares, co-secrétaire fédérale de SUD éducation
Kamel Brahmi, secrétaire générale de l’Union départementale CGT de la Seine-Saint-Denis
Loïc Daguzan, Président INDECOSA-CGT Paris
Philippe Maingault, secrétaire général syndicat UGICT-CGT
Benoit Teste, responsable national FSU
Marie Haye, responsable nationale FSU
Hector Vasquez, président de l’Association d’ex prisonniers politiques chiliens-France, AEXPPCH
Isabelle Mathurin, coprésidente de la Convergence nationale des collectifs de défense et développement des services publics
Philippe Villechalane, porte-parole de l’Association Pour l’emploi, l’information et la Solidarité (APEIS)
Raphaël Pradeau, porte-parole Attac France
Sophie Djigo, responsable de la Coordination Antifasciste pour l’Affirmation des Libertés Académiques et Pédagogiques
Umit Metin, coordinateur de l’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT)
Willy Pelletier, Réseau anticolonialismes DICÉ
Christian Delarue, président du CADTM France
Philippe Chalande, président de Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes
Nara Cladera, co-animatrice du Réseau syndical international de solidarité et de luttes
#NousToutes
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