À Saint-Avold et Saint-Denis, Révolution permanente se prend à rêver du second tour
Pour ses premières municipales, la jeune organisation révolutionnaire d’extrême gauche présente des listes dans neuf villes. En Moselle et en Seine-Saint-Denis, les militants espèrent atteindre les 10 % au soir du 15 mars.

© Ed JONES / AFP
Un écran géant, deux enceintes qui l’encadrent et une grosse soixantaine de personnes installées devant. Le tout, sur une place en plein cœur de Saint-Denis. Pourtant, ce lundi 9 mars, ni Ligue des champions, ni autre événement sportif d’envergure. Non, ce dispositif est installé pour suivre le débat organisé par France 3 entre les candidats aux élections municipales de la ville au nord de Paris. Une véritable « fan zone » mise en place par Révolution permanente (RP) pour encourager leur candidate locale : l’avocate Elsa Marcel.
Durant l’heure de débat, chacune de ses prises de parole est bruyamment applaudie quand les propos sécuritaires des autres candidats se terminent sous une bronca. De nombreux passants s’arrêtent pour regarder. Certains se prennent même au jeu, se joignant aux applaudissements de la foule. Tous repartent avec un tract. « Il se passe quelque chose, on a du mal à mesurer exactement ce que cela veut dire, mais on sent que les choses bougent », confie une militante.
Pour l’organisation révolutionnaire, officiellement créée fin 2022, ces élections municipales sont un véritable saut dans l’inconnu. Plus habituée des manifestations et des piquets de grève, Révolution permanente a décidé de s’immiscer sur le terrain électoral. Et présente ainsi neuf listes sur le territoire : Saint-Avold en Moselle, Montpellier, Le Mans, Rennes, Toulouse, Bordeaux, un arrondissement marseillais, un autre parisien et, donc, Saint-Denis.
On voulait que nos listes correspondent à notre ancrage militant.
Paul Morao « Des profils éloignés des politiciens professionnels »« Notre logique stratégique est de défendre un programme anticapitaliste et de présenter des listes de travailleurs et travailleuses, de jeunes, de militants locaux. En somme, des profils éloignés des politiciens professionnels présentés par les partis traditionnels », explique Paul Morao, membre de la direction de Révolution permanente.
Dans les grandes villes où l’organisation se présente, le pari reste difficile alors que les candidats favoris sont des ténors de la politique, que la jeune organisation reste encore très largement méconnue du grand public et que la radicalité d’extrême
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