Disparition : Habermas, philosophe de l’après-nazisme

Politis  • 17 mars 2026
Partager :
Disparition : Habermas, philosophe de l’après-nazisme
© Louisa Gouliamaki / AFP

Né en 1929, fils d’un notable membre du parti nazi, Jürgen Habermas dut passer par les jeunesses hitlériennes. Identifiant de suite la « langue du IIIe Reich », il se fait remarquer à 24 ans par un brillant article « contre Heidegger ». Nourri du néomarxisme de Lukács puis de Marcuse, il devient l’assistant de Theodor Adorno (figure de l’École de Francfort), liant philosophie et sciences sociales. Aussi se méfie-t-il des discours étatistes, critiquant la violence politique et le jargon marxiste scientiste des soixante-huitards.

Sur le même sujet : Réplique à l’éloge d’Emmanuel Macron par Jürgen Habermas

S’il flirta parfois avec le libéralisme dans les années 1980, il le critiqua à la toute fin de sa vie. Auteur d’une œuvre considérable, il intervenait régulièrement dans les grands débats politiques, sociaux, économiques, scientifiques et bioéthiques, et forma de nombreux philosophes – dont Axel Honneth. Avec Habermas disparaît l’un des plus grands philosophes de notre temps, mais aussi de ces intellectuels actifs du siècle dernier.

Tout Politis dans votre boîte email avec nos newsletters !
Résistances
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don