Nucléaire iranien : pour Israël et les États-Unis, cet indéfectible instrument de propagande
Le programme nucléaire militaire iranien est au cœur de la rhétorique américano-israélienne pour justifier la guerre contre l’Iran. La campagne de bombardement engagée par le duo Trump-Netanyahou pourrait faire passer le régime dans une autre dialectique nucléaire.

© Patrick T. Fallon / AFP
Un âge d’armes nucléaires. La guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis deux semaines a fait réagir l’auteur controversé de La Fin de l’histoire et le Dernier Homme, Francis Fukuyama. Pour le politologue, l’idée d’un monde délesté d’un ordre international fondé sur des règles partagées serait en voie de se réaliser. Comme si seule la souveraineté nucléaire serait une dissuasion légitime. Une question délicate pour l’Iran, Téhéran s’étant longtemps tenu au bord du précipice nucléaire.
Pour les experts, la stratégie du régime iranien semblait plutôt claire : être une puissance du seuil. C'est-à-dire, pour un État, d’avoir la capacité de développer un arsenal nucléaire, mais de ne pas franchir la ligne rouge. Or la question de savoir si l'Iran voulait franchir le pas appartient plus que jamais au présent.
Mais avant un possible basculement, le programme nucléaire iranienne est une histoire qui s’étend sur près de cinquante ans. C’est l’ancien shah, Mohammed Reza Pahlavi qui lance dans les années 1950 les fondations d’un programme nucléaire civil. À l'époque, le projet démarre avec la bénédiction de Washington et la promesse d’uranium enrichi français. Uranium qui n’arrivera jamais : la révolution islamique de 1979 met temporairement à bas le programme nucléaire.
Le 20 septembre 1980, Saddam Hussein, ancien président de la République d’Irak lance une invasion de son voisin, la jeune république islamique. Soutenus par Washington, ses alliés occidentaux ainsi que l’Union soviétique, Saddam Hussein bénéficie d'une impunité totale au Conseil de sécurité de l’ONU. C’est dans le gaz et les tranchées de la guerre Iran-Irak que le régime de Téhéran se décidera à reprendre leur programme nucléaire civil.
Pour Thierry Coville, chercheur spécialiste de l'Iran à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et auteur de L'Iran, une puissance en mouvement, Téhéran est « arrivé à la conclusion de la nécessité d’avoir une force de dissuasion. C'est pour ça qu'ils se dirigent à l'époque vers le nucléaire ».
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