Santé : cadmium, la bombe sanitaire

Il y a un an, des médecins dénonçaient les conséquences de cette « bombe sanitaire » qu’est le cadmium en s’appuyant sur plus de 16 000 articles scientifiques : maladies osseuses, néphropathies, troubles de la reproduction, risque accru de cancer… Santé publique France établissait un lien avec l’explosion des cancers du pancréas. La principale raison de cette contamination viendrait de l’usage d’engrais phosphatés importés du Maroc à forte teneur en cadmium pour fertiliser les terres agricoles.
Malgré cette alerte d’ampleur, pas de réaction politique à la hauteur. Tout juste l’élaboration d’un plan permettant de diminuer très progressivement la teneur en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés mais toujours pas mis en œuvre. Cette fois, c’est l’Anses, qui publie une étude affirmant pour la première fois que l’alimentation est la source majeure d’exposition notamment : les denrées à base de céréales, en particulier de blé (céréales du petit-déjeuner, pains, pâtes…), et les pommes de terre. Ainsi, elle conseille d’« introduire plus de légumineuses comme les pois chiches dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes ».
Mais, surtout, l’Anses rappelle au gouvernement qu’il est urgent de réduire drastiquement les teneurs en cadmium autorisées dans les engrais phosphatés, en abaissant la teneur maximale à 20 milligrammes par kilo (mg/kg). Aujourd’hui, la teneur autorisée en France est toujours de 90 mg/kg.
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