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Publié le 17 décembre 2006

La direction du PCF enterre le rassemblement antilibéral

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On a beau être de nature optimiste, cette fois, le projet d’une candidature unitaire de la gauche du « non » a du plomb dans l’aile. La direction du PCF ne veut rien entendre. Elle se barricade et demande à ses militants de tuer avec elle le rassemblement antilibéral, sans même laisser aux collectifs locaux le temps de faire remonter leur avis et propositions pour sortir de la situation de blocage à laquelle la rencontre nationale de Saint-Ouen a abouti. Le Conseil national du PCF vient en effet de décider samedi de reconsulter par vote ses militants, dès mercredi. Ceux-ci auront à se prononcer sur deux options : « Je choisis la proposition de candidature de Marie-George Buffet, choix le plus partagé des collectifs locaux pour porter le rassemblement anti-libéral à la présidentielle » , ou « Je choisis le retrait de Marie-George Buffet et la recherche d'une autre candidature de rassemblement anti-libéral à l'élection présidentielle » .

Le résultat de cette consultation ne semble pas faire de doute pour Marie-George Buffet, puisqu’elle a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait « une intervention jeudi ou vendredi pour dire qu'on poursuit la bataille du rassemblement et si les organisations continuent de dire non, il faudra alors travailler avec ceux dans les collectifs qui veulent aller de l'avant » . Oubliée la règle du consensus qui devait permettre de désigner la personne qui figurerait sur le bulletin de vote. Enterrée la belle idée d’une candidature collective. La secrétaire nationale du PCF n’a plus qu’un seul mot d’ordre : Qui m’aime me suive !

En s’obstinant, malgré l’avis de ses partenaires politiques engagés dans l’aventure du rassemblement antilibéral, malgré les mises en garde de nombreux communistes qui, depuis une semaine, réclament le retrait de sa candidature, Marie-George Buffet montre par cette déclaration qu’elle se soucie peu de l’éclatement de ce rassemblement. Elle y agit comme elle reprochait récemment encore au PS d’agir avec les autres partis de gauche, en affirmant son hégémonie.

Ce faisant, elle prend le risque de fracturer un peu plus son parti. D’ailleurs, six membres du Comité exécutif national du PCF, la direction du parti, ont aussitôt annoncé leur démission de cette instance. Les démissionnaires, parmi lesquels les « refondateurs » Pierre Zarka et Roger Martelli, accusent dans un texte la direction de « retournement d'orientation politique » (voir l'intégralité de ce document au bas de ce post). La direction « dans sa majorité, a pris la décision de refuser toute recherche de candidature à la présidentielle qui aurait permis le maintien et l'élargissement de cette construction » antilibérale, arguent-ils. « C'est suicidaire pour le PCF qui va se trouver isolé et sera tenu pour responsable de cette situation » , ajoutent-ils. Selon eux, le bulletin de vote soumis aux militants « n'éclaire pas sur les conséquences qu'aurait le maintien de la candidature de Marie-George Buffet » à savoir « la sortie du processus unitaire » .

Il reste à peine quatre jours pour tenter de les éclairer.


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