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Publié le 22 décembre 2006

Marie-George Buffet, un peu plus seule

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La semaine se termine un peu comme elle avait commencé. Sur le coup de onze heures ce matin, retour donc aux Zingots, rue de la Fidélité (ça ne s’invente pas). C’est dans cette brasserie appartenant à Gilles Bénard, dont on connaissait déjà le fameux Ramulaud, que, lundi matin, les porte-parole du Collectif national pour des candidatures unitaires antilibérales avaient appelé les militants communistes à « ne pas commettre l’irréparable » (voir mon précédent post).

L’irréparable s’est néanmoins produit. Les militants communistes ont donné mercredi à Marie-George Buffet leur « feu vert pour entrer en campagne » . C’est l’Humanité de ce jour qui le dit. A 81,05 % ils ont voté le maintien de la candidature de leur secrétaire nationale « pour porter le rassemblement antilibéral à la présidentielle » , selon la formulation très biaisée de la question qui leur était posée.

Il ressort d’une analyse rapide des résultats détaillés que trois données marquent ce scrutin .

  1. La participation (56,4 %) y a été moins importante que lors du vote de désignation des 10 et 11 novembre (66,2 %) quand 96,43 % des votants s’étaient prononcé pour que le PCF « propose » Marie-George Buffet « comme candidate du rassemblement antilibéral de gauche à l’élection présidentielle » .

  2. Près d’un votant sur cinq a demandé son retrait, ce qui représente tout de même 9 683 communistes attachés avant tout à la réussite du rassemblement antilibéral. Cette position est majoritaire dans six fédérations départementales : l’Ardèche, la Sarthe, les Deux-Sèvres, le Tarn-et-Garonne, la Vendée et les Vosges.

  3. Enfin, la candidature de Marie-George Buffet obtient son plus gros score dans le Pas-de-Calais (97 %), bastion des « orthodoxes ». Ce qui montre bien quels sont les nouveaux soutiens de la direction du PCF depuis qu’elle a rompu l’alliance contractée avec les « refondateurs » au 33e congrès.

Ce matin, Christian Picquet , Eric Coquerel, Yves Salesse et Jean-Jacques Boislaroussie, rejoints par Clémentine Autain et Patrick Braouezec, ne pouvaient que « prendre acte » de « la décision du PCF » .

« Un coup terrible est ainsi porté à la perspective de candidatures unitaires de la gauche antilibérale, à l’élection présidentielle et aux législatives » , déplorent-ils dans une déclaration signée aussi par Hamida Bensadia, Pierre Carassus, France Coumian, Claude Debons et Claire Villiers.

Ils regrettent que leurs « appels à la responsabilité » n’aient « pas été entendus » . Et que « les résultats de la seconde consultation des collectifs unitaires antilibéraux, qui commencent à peine à remonter, [n’aient] pas davantage été pris en compte » . Il est vrai que les premiers PV reçus ne plaidaient pas pour le maintien de la candidature de la secrétaire nationale du PCF.

« La candidature de Marie-George Buffet portera donc les seules couleurs » du PCF , souligne le texte. Elle « ne pourra ni incarner, ni se revendiquer de l’expérience inédite qui nous aura, des mois durant, réuni dans des centaines de collectif de terrain »* . Une précision qui n’est pas inutile au moment où le PCF diffuse à un million d’exemplaire un tract qui entretient la confusion.

Dimanche dernier, sur Europe 1, Marie-George Buffet avait déclaré : « Je ne prêterai pas mon nom à une candidature communiste pur sucre. » C’est pourtant ce qui s’annonce. Et je vois mal comment elle pourra continuer à le nier ce soir au journal de TF1, dont elle est l’invitée.

Soucieux de « ne pas se résigner à l'échec » , les signataires appellent « les collectifs locaux à réfléchir aux moyens de poursuivre le combat pour une autre voie à gauche » et à se retrouver « les 20 et 21 janvier » pour une réunion nationale. Un rendez-vous que les représentants du PCF à la réunion du Collectif national, qui s’est tenue hier, n’ont pas jugé utile de convoquer et qui ne figure donc pas dans le communiqué publié à l’issue de cette réunion.

Ce refus vaut aveu. Si comme il le prétend 61 % des collectifs avaient fait le choix de Marie-George Buffet, pourquoi le PCF se priverait de rassembler en un même lieu des partisans enthousiastes d’origines diverses ?


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