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Publié le 15 mars 2007

Libre propos malheureux

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Aïe, Aïe, Aïe... Ségolène Royal a-t-elle bien mesuré la portée de ses propos, jeudi soir, sur France 2? On ne sait trop ce qu'il vaut mieux croire. Qu'elle n'a pas voulu dire ce qu'elle a dit? Ou qu'elle savait ce qu'elle disait?

En indiquant qu'elle reprenait «toute (sa) liberté» pour «aborder la dernière ligne droite» , la candidate a implicitement laissé entendre qu'elle était jusque là privée de celle-ci. Ou qu'après l'avoir été (l'an dernier, quand elle contournait le PS pour mieux l'hypnotiser), elle ne l'était plus depuis que le vieux parti d'Epinay en avait fait sa candidate. Dans les deux cas, cet aveu n'est pas bon.

D'abord parce que plus que jamais Ségolène Royal entend jouer son registre personnel. «Tout dépend de moi! Tout dépend de moi et c'est pourquoi ce combat est absolument crucial et c'est pourquoi je suis déterminée à me faire comprendre des Français» , a-t-elle dit. Elle ne cache d'ailleurs pas son intention de chausser les bottes du Général pour qui l'élection présidentielle a été conçue comme la rencontre d'une homme et du pays. En version royaliste, la présidentielle de 2007 est le «rendez-vous majeur d’une femme avec le peuple français» , suivant l'expression employée au meeting de Dijon, le 7 mars.
Pour promouvoir l'idée d'une République nouvelle (à défaut de la VIe République dont elle ne veut toujours pas), on fait mieux.

Ensuite, parce que cette liberté est revendiquée par rapport au parti socialiste. Depuis le temps que les bonimenteurs sondagiers expliquent que le succès de Ségolène Royal, l'an dernier, dans leurs études d'opinion, était dû en grande partie à ses prises de position icconoclastes en regard du credo socialiste. Que sa popularité se nourrissait de la méfiance des élephants à son endroit, etc. Eh bien, Ségolène Royal les a entendu. Il a fallu qu'elle «compose» avec le PS, admet-elle. Mais tout ça c'est fini!

Elle a donc voulu rassurer les électeurs: «Si je suis élue, je n'instrumentaliserais pas leur vote, je ne dirais pas que c'est une victoire du parti socialiste» , a-t-elle dit en substance.

Et là, impossible de ne pas penser à ce pauvre Lionel Jospin qui avait cru habile, lui aussi, de dire que son projet n'était «pas socialiste» . On connaît la fin.

P.S.: Dans un livre à paraître le 20 mars, dont le Figaro s'est procuré les épreuves, Eric Besson, qui avait démissionné du PS le mois dernier «redoute» la victoire de Ségolène Royal. Voilà qui ne va pas arranger la candidate du... ????


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