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Publié le 7 février 2011

A Clichy, le maire PS prend le MoDem dans son « train »

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Illustration - A Clichy, le maire PS prend le MoDem dans son « train »
Rassemblement inédit, samedi matin, sur le parvis de la mairie de Clichy (Hauts-de-Seine). Depuis le 1er février, Gilles Catoire, le maire (PS) de la ville, réélu en 2008 à la tête d'une liste d'union de la gauche (du PRG à LO) a officialisé son idylle avec le MoDem. Et annoncé en bureau municipal que trois élus du parti de François Bayrou auront désormais une délégation, dont deux d'adjoint au maire. Une décision avalisée, une semaine plus tôt, par la section locale du PS, majoritairement constituée d'affidés du maire, à l'unanimité. Les autres forces de gauche dénoncent une trahison du mandat des électeurs et du programme sur lequel la liste conduite par Gilles Catoire a été élue.

C'est ce qu'elles sont venues dire, tranquillement, devant la mairie. Toutes étaient représentées: Europe Ecologie-Les Verts, le PCF, le Parti de gauche et le Front de gauche1, Lutte ouvrière, le NPA et le POI. Un conseiller municipal socialiste «dissident» , précise-t-il, Ibrahim Tariket était là aussi, et a pris la paroles comme les représentants des partis présents.

La décision de Gilles Catoire de faire entrer le MoDem dans son équipe municipale est l'aboutissement d'une dérive droitière d'un maire connu pour ses pratiques autocrates. Un maire qui, fin octobre, a rappelé son ex-adjoint Alain Fournier (EELV), n'avait pas hésité à rendre un vibrant hommage à son «ami Georges Frêche» .

Petite chronologie catoirienne:

- - Novembre-décembre 2008: Le maire prive les deux adjoints communistes, Christian Garnier et Annie Mendès, de leurs délégations puis de leur poste. Rétrogradés, ces élus sont privés de leurs bureaux dans l'Hôtel de ville, de leurs deux collaborateurs et de l'accès à la photocopieuse (il n'y a pas de petite humiliation). Il reproche à ces deux adjoints et à un troisième élu communiste, Guy Schmaus, sénateur honoraire, un vote défavorable sur les orientations du plan local d'urbanisme (PLU), un projet à ce stade encore soumis à enquête publique. Mais pour le maire, « ils ne font plus partie de la majorité » .
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- 25 mai 2010: Le PLU, qui doit dessiner l'avenir de la ville pour 20 ans, est rejeté à trois voix près. Une partie de la majorité a voté contre2 ainsi que le MoDem, bloquant ainsi les projets de construction du maire comprenant, entre autres, l'implantation de cinq tours aux trois entrées de ville — trois de 60 m, une de 80 m et une de 100 m. Les élus UMP et divers droite approuvent le projet.
- - 19 octobre 2010: Présenté à nouveau en conseil municipal, le PLU est adopté moyennant quelques menus aménagement (les tours passent à 90 m, 63 m et 32 m) par 24 voix contre 16 et 3 abstentions. Le MoDem a basculé en faveur du projet et sans les voix des élus du parti de François Bayrou et de ceux de l'UMP le PLU n'aurait pas été adopté.
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- 14 décembre 2010: En représailles, Gilles Catoire obtient du conseil municipal qu'il retire sa délégation à Alain Fournier, adjoint au maire (Verts). Une décision obtenue par 23 voix pour, 20 contre et 2 abstentions, UMP et MoDem ayant accédé à la demande de l'édile.
- - 16 janvier 2011: Lors de la traditionnelle galette du roi Dagobert offerte par la ville aux habitants le maire annonce qu'il compte, « très prochainement, confier des responsabilités exécutives aux élus MoDem » . Pour expliquer ce renversement d'alliance, Gilles Catoire en appelle, selon Le Parisien (18 janvier), à l’histoire politique « atypique » de la ville et cite pêle-mêle Charles Auffray sous le Front populaire, « qui a su fédérer les forces antifascistes » , ou Jean Poperen, qui disait qu’il fallait « ouvrir la gauche » à la « bourgeoisie dreyfusarde » . Et d'ajouter: « Je ne vois pas au nom de quoi on voudrait m’interdire ce qu’a fait Martine Aubry à Lille, Gérard Collomb à Lyon ou encore Ségolène Royal en Poitou-Charentes aux élections régionales, qui ont ouvert leurs équipes au MoDem. » 3. Il somme aussi ceux qui souhaiteraient «descendre du train» de se décider.
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- 24 janvier 2011: La section du PS annonce dans un communiqué qu'elle «donne son feu vert au maire pour procéder à l'ouverture de l'équipe municipale attendue par la société civile clichoise» . Le texte évoque la définition d'une «feuille de route commune pour la deuxième moitié du mandat municipal» avec le MoDem et accuse le Front de gauche de chercher à «transcrire dans la vie locale, le climat de haine antisocialiste que cette formation distille au niveau national» . Il s'agit bien d'un virage... à droite. La décision est réputée avoir été prise à l'unanimité, mais selon Ibrahim Tariket, la réunion de section auquel fait référence le communiqué n'aurait compté qu'une vingtaine de présents.
-* - 1er février: Au cours d'un bureau municipal Gilles Catoire annonce confier des délégations à trois élus centristes (le MoDem compte 5 élus), dont deux postes d'adjoint. La police municipale en interdit l'entrée à Alain Fournier, chef de file Europe Ecologie-les Verts et ex-adjoint destitué.

Il reviendra toutefois au prochain conseil municipal , fixé normalement début mars, de confirmer par un vote les promotions du maire. Un rendez-vous au cours duquel les élus présents samedi 4 comptent bien se faire entendre.

Le train de Gilles Catoire...

En attendant, ils font circuler une pétition pour alerter et mobiliser la population.



  1. Particularité locale, le PCF officiel est hostile au Front de gauche qui, du coup, est composé de communistes tenus à l'écart de la section historique, d'élus apparentés, de "non encartés" et du PG. 

  2. Les Verts, le PC et deux conseillers municipaux socialistes dont Patricia Bahmed, adjointe au développement économique. 

  3. Quoi qu'on pense des alliances avec le MoDem, les trois exemples cités ont au moins eu la cran de faire approuver ce compagnonnage par les électeurs. A Clichy, ce n'est pas le cas puisqu'aux municipales le MoDem s'est présenté avec l'UMP. Et la liste conduite par Gilles Catoire appelait, dans son dernier tract, à «faire barrage à la droite» UMP-MoDem. 

  4. Ont pris la parole, outre Alain Fournier (EELV): Marie-Claude Fournier, maire-adjointe (EELV), Aïssa Terchi (PG-FdG), Guy Schmaus (PCF), Ibrahim Tariket (PS), et Mireille Lambert (LO). 


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