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Publié le 26 février 2014

La manif' comme elle est belle …

… et comment on cherche à la discréditer !

Allez, un nouveau témoignage reçu ce soir que je vous recrache brut de décoffrage (Il est signé, et le patronyme dira peut-être quelque chose aux vieux syndicalistes CFTC-CFDT …) :

Illustration - La manif' comme elle est belle …

Recette pour discréditer une manifestation

et obtenir pour le 20h les images de violences souhaitées

Ingrédients :

Interdire le matin même le parcours prévu et publié dans la presse depuis le début de la semaine

Verrouiller le centre-ville avec des cars de CRS et des grilles métalliques à chaque entrée de rue

Annoncer la veille dans tous les journaux qu'il s'agit d'une manifestation à risque de violence histoire d'attirer les individus qui souhaiteraient jouer à la guérilla

Obliger les organisateurs à réduire le parcours pour que le cortège ne puisse pas se déployer et avancer en totalité jusqu'au point de rassemblement

Faire en sorte que le cortège vienne buter rapidement devant les CRS

Empêcher les manifestants de repartir puisque toutes les rues sont bloquées.

Recette :

Répondre rapidement aux quelques jets de projectiles par des tirs de lacrymogènes intensifs qui touchent tout le monde, enfants et personnes âgées du cortège compris.

Faire monter la pression en avançant les camions anti-émeutes sur la partie autorisée du parcours (devant le CHU) alors que la manifestation n'est pas terminée.

Faire intervenir les groupes mobiles de policiers en civil dans les petites rues (rue Kervégan) pour créer des mouvements de foule, stimuler la création de barricades et arroser par derrière la foule de grenades lacrimogènes

Surtout ne pas faire de pause alors que clowns et musiciens viennent se mettre devant pour essayer de calmer le jeu.

Bien tenir les rues pour ne pas permettre aux citoyens de traverser le centre pour rentrer chez eux, pour encore augmenter la tension.

Dégustation :

Inviter les médias à venir filmer depuis le dispositif policier pour montrer les images de violence souhaitées.

Les laisser interpréter la présence de beaucoup de monde devant les CRS comme autant de casseurs, alors que la plupart sont des manifestants qui attendent, ne sachant trop où aller puisqu'il n'y a plus de parcours et pas moyen d'avancer.

Voila, en résumé, la stratégie de « maintien de l'ordre » utilisée lors de la manifestation du 22 février à Nantes, lors de la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes.

Nous avons été gazés dans le cortège, avec des enfants en poussette près de nous. Il était 15h cours Olivier de Clisson. La manifestation était calme mais cherchait une issue, le parcours étant bloqué.

Nous avons été gazés à nouveau devant le CHU alors que nous cherchions un moyen de repartir, nous avons assisté à une fanfare qui continuait à jouer sous les tirs de lacrymogènes.

Nous avons certainement été comptés parmi le millier de casseurs, bien qu'il n'y avait alors qu'une dizaine d'énergumènes à jeter des projectiles en direction des camions de CRS.

Nous avons ensuite été refoulés par un cordon de gendarmes rue de la Fosse alors que nous voulions trouver un chemin pour rentrer chez nous.

Nous sommes surtout surpris de l'interprétation faite des photos publiées – à la une de Ouest-France en particulier : sous le titre « la manif dérape à Nantes » , on voit des manifestants pacifiques, quelques clowns, et des tirs de grenade venant des rangs policiers. Pourquoi les forces de « l'ordre » n'ont pas su/pu/voulu mettre en place un dispositif adapté à la réalité ?

Céline et Christophe Declercq


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