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Publié le 5 septembre 2015
Le combat des femmes Yézidies

Le combat des femmes Yézidies

Le festival international de photojournalisme Visa pour l’image, à Perpignan, propose au grand public une bonne vingtaine d’expositions. Cinquième volet de cette série, la détermination farouche des combattantes kurdes contre Daech.

Les Yézidis ont maintenant pris les armes. Les Yézidis, c’est cette minorité kurde du nord-ouest de l’Irak. Aujourd’hui, plus de 3430 femmes et enfants de cette communauté sont toujours prisonniers de Daech. Des jeunes filles, parfois encore des enfants ont été capturées, violées, vendues et réduites en esclavage, considérées comme des objets. Certaines ont réussi à s’échapper de cet enfer, les autres sont encore aux mains de leurs tortionnaires. Parce qu’ils ont compris qu’ils risquaient de disparaître, les Yézidis ont formé en mai dernier une Unité populaire de défense des femmes.
Illustration - Le combat des femmes Yézidies
Sur les collines arides du mont Sinjar, dans le camp de Khanke, 40 000 Yézidis sont assiégés par Daech depuis août 2014. Alfred Yaghobzadeh (déjà présent à « Visa pour l’image », en 2013, pour un reportage sur le pèlerinage indou de Kumbh Mela) y est allé recueillir plusieurs témoignages. Celui de ces femmes qui s’entraînent au maniement des armes, partagent leurs repas avec les frères soldats, les moments de pause, fumant une cigarette, ou en première ligne, sur le front. Pour ces femmes qui ne sont jamais allées à l’école, l’affranchissement est total, brutal aussi, des cours d’idéologie, de politique et d’enseignement général au champ de bataille. Yaghobzadeh cadre dans l’anecdote et la violence des jours le corps de ces femmes engagées. Sans mise en scène mais bien calé dans les intimités. Où parfois pointe un sourire inattendu devant l’objectif. Ou capté au hasard par l’objectif ; on ne sait jamais ce qui tombe dans l’escarcelle du hasard, les besaces de l’instantané, plus ou moins mesuré.
Illustration - Le combat des femmes Yézidies
« Il m’a fallu déployer des trésors de diplomatie , raconte le photographe, pour briser leurs réticences, apaiser leurs peurs, faire tomber les tabous et ces murs de silence. » Pas facile la confidence. Il y a de quoi quand on se rappelle que prisonnière, à quinze ans, « être battue est la chose la plus douce qui puisse vous arriver » . Il en reste traces et stigmates dans le regard, une volonté farouche à dire non que saisit parfaitement le photographe, dans une déclinaison justement de regards déterminés, même lorsque ces regards plongent sur les ruines alentour, les destructions partout présentes, un paysage anéanti.

Visa pour l’image , Alfred Yaghobzadeh, « Le corps des femmes Yézidies comme champ de bataille », Ancienne Université, rue du Musée, Perpignan, jusqu’au 13 septembre (10h-20h). Entrée libre.
Illustration - Le combat des femmes Yézidies


Photos : Alfred Yaghobzadeh

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