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Publié le 28 avril 2020
Le gâteau de semoule au caramel et son auteure fantôme

Le gâteau de semoule au caramel et son auteure fantôme

Vous êtes confiné·es chez vous et vous avez du temps à revendre. Pourquoi ne pas le passer en partie dans la cuisine ? Je vous propose un rendez-vous culinaire pour assaisonner vos journées : des recettes à réaliser avec des produits du placard ou faciles à trouver dans votre périmètre de confinement. Aujourd’hui, un gâteau de semoule nappé de caramel et de mystère.

Il est très bon, le gâteau de semoule au caramel issu du livre de recettes de la célèbre Françoise Bernard. Mais qui était vraiment son auteure ? Une vraie dame ou un robot ménager ? Explications !

Derrière le gâteau de semoule, l’ombre d’une multinationale

« Que dit Françoise Bernard ? » Telle est la question que j’ai souvent posée quand je cherchais le temps de cuisson d’un aliment ou une idée de plat. Et puis un jour, un mini-mythe s’est effondré. J’ai découvert en lisant un article que l’auteure de mon livre Les Recettes faciles de Françoise Bernard, au ton pourtant si personnel avec ses conseils vintage, n’existait pas ! C’était une création, au début des années 1950, du groupe Unilever, qui avait assemblé les deux prénoms les plus populaires à l’époque pour donner chair aux fiches-cuisine qu’il diffusait.

Et la photo dans le bouquin, alors ? Une secrétaire d’Unilever (nommée Andrée Jonquoy), qui accepta d’incarner la cuisinière pour figurer d’abord sur les pubs Astra (huiles et margarines), puis dans le livre publié en 1965 pour accompagner la promotion des appareils ménagers de la firme. L’ironie voulant que la jeune dame en question, de son propre aveu, savait à peine faire cuire un bifteck… Mais bon, comme disent les Anglais, la preuve du pudding, c’est qu’on le mange. Alors faisons exister le gâteau de semoule de Françoise Bernard !

Ce qu’il vous faut pour 4 à 6 personnes

– 100 g de semoule

– 100 g de raisins sec (facultatifs, ou pouvant être remplacés par des zestes d’orange ou de citron)

– ½ litre de lait (de vache, pour moi, mais végétal si vous voulez)

– 70 g de sucre en poudre

– 1 sachet de sucre vanillé

– 2 œufs

– 1 pincée de sel

– 10 morceaux de sucre (pour le caramel)

– En option, ma note perso : une cuillerée de rhum

Le gâteau de semoule au caramel en 5 étapes bien réelles

1. Mettez les raisins à tremper dans de l’eau chaude (si vous avez choisi d’en utiliser) éventuellement additionnée de rhum.

2. Faites chauffer le lait avec le sel et le sucre vanillé. Dès qu’il bout, jetez-y la semoule en pluie, mélangez sans arrêt jusqu’à épaississement et laissez bouillir doucement environ 5 minutes.

3. Hors du feu, incorporez le sucre en poudre, les raisins égouttés (ou les zestes) et les œufs battus en omelette

4. Faites le caramel directement dans le moule du gâteau : mettez-y les morceaux de sucre et 2 cuillerées à soupe d’eau et faites cuire sur feu moyen sans y toucher. Lorsque le sucre brunit, faites-le voyager à l’intérieur du moule et retirez du feu avant qu’il ne soit trop brun.

5. Versez la semoule dans le moule et faites cuire à 165 °C pendant 30 minutes.

Un petit conseil pour ne pas bousiller la casserole

Pour ne pas que le lait accroche dans la casserole, passez-la d’abord à l’eau froide et versez le lait sur le fond mouillé. Ce n’est pas Françoise Bernard (enfin, la maison Unilever) qui le dit, c’est moi qui suis tombée par hasard sur l’astuce et qui ai constaté que ça marche.

Comment déguster notre gâteau de semoule au caramel ?

Vous pourrez le savourer tiède ou froid, et en riant plus ou moins jaune de ce passage de l’introduction des Recettes faciles où « Françoise Bernard » décrit le public auquel elle destine son livre : « Aussi bien les néophytes – débutantes, jeunes mariées et célibataires débrouillards – que la maîtresse de maison expérimentée. » Où il apparaît donc que l’homme n’est censé toucher une poêle que durant la courte période séparant le giron de sa mère de celui de sa femme, le malheureux (et encore : à condition d’être débrouillard). So années 1960, direz-vous ? Certes, mais ça figure encore dans la réédition de 1987…

Et pour fredonner en cuisine le sourire aux lèvres :


Retrouvez toutes les recettes de la chronique Confine dans ta cuisine en cliquant ici.

Photo : ME Alouf

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