Des impacts alarmants

Sous leurs verts atours, les agrocarburants ont rapidement endossé tous les travers des cultures de rente, au détriment des paysans du Sud. Témoignage du député Vert Alain Lipietz, après un voyage en Colombie.

Alain Lipietz  • 31 mai 2007 abonné·es

Lors d'une récente visite en Colombie, comme président de la délégation pour la Communauté andine, j'ai reçu les confidences alarmées de l'Église : dans l'immense plaine bananière du nord-ouest, où les paramilitaires ont massacré toute résistance, les communautés paysannes qui reviennent sur les terres dont elles ont été chassées par la guerre civile les retrouvent occupées par des plantations de palmier à huile ! Gardées par les paramilitaires, devenus gens respectables depuis leur quasi-amnistie par la loi « Justice et paix ». Cette brutale invasion répondait, me disait-on, à un plan précis : étancher par la production d'un agrocarburant la soif inextinguible des automobiles nord-américaines.

Une plantation de palmiers à huile. Cette culture se fait au détriment de la production vivrière et menace la biodiversité. DR

L'Union européenne, de son côté, s'est fixé l'objectif de couvrir, d'ici à 2010, 5,75 % de sa consommation automobile par des agrocarburants. Une proposition de la Commission avance même le chiffre de 20 % à l'horizon 2020. Débattue en janvier dernier au Parlement européen, cette proposition a été largement

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