André Gorz, l’autonome fusionnel
Le philosophe s’est suicidé le 24 septembre avec sa femme malade. Un penseur inclassable, inventeur de l’écologie politique et critique radical du capitalisme.
dans l’hebdo N° 970 Acheter ce numéro
Il me dit un jour : « Je ne vous ai encore jamais parlé de mon grand oeuvre, venez voir... » C'était il y a cinq ans, et André Gorz avait déjà livré depuis longtemps les fondements de sa pensée philosophique : le Traître , élogieusement préfacé par Sartre, qui le voyait comme un des plus brillants penseurs de son temps, la Morale de l'histoire [^2] et Fondements pour une morale [^3]. En une dizaine d'ouvrages, il avait aussi bâti une puissante critique du capitalisme, ainsi qu'une relecture sans concession du marxisme [^4]. Ne manquait que Lettre à D. , histoire d'un amour [^5], où il révèle au public qu'il existe un coauteur à tout cela, sa femme Dorine, sans laquelle, dit-il, il n'est rien. Non, ce que Gérard Horst (son nom d'état civil) veut me montrer, c'est la centaine d'arbres d'essences variées qu'il a peu à peu plantés autour de leur maison de Vosnon (Aube). Son autre descendance, avec celle des livres, pour ce couple sans enfants, et un rappel discret : André Gorz est l'inventeur de l'écologie politique.
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