Le pédocriminel se cache-t-il où l’on croit ?
Christine Delphy et Hélène Palma* contestent ici le portrait classique du pédophile en « monstre » égaré dans notre société, pour rappeler que le pédocriminel le plus fréquent se trouve dans l’entourage de la victime.
dans l’hebdo N° 998 Acheter ce numéro
La loi passée en février 2008 par le Parlement et instituant une « rétention de sûreté » après la fin d'une peine de prison pour certains crimes, en particulier les viols d'enfants, a créé des remous dans l'opposition et les milieux judiciaires. Ceux-ci ont demandé, avec raison, au Conseil constitutionnel : n'est-il pas contraire aux libertés fondamentales de maintenir en détention quelqu'un non pour quelque chose qu'il a fait, mais pour quelque chose qu'il pourrait faire ? Est-ce la seule question à poser ?
Il faut se souvenir que cette loi, proposée à la suite du viol du petit Enis en août 2007 par un multirécidiviste, Patrice Évrard, procède de l'intention de protéger les victimes potentielles. Mais quelles victimes potentielles ? Et quels agresseurs cible ce texte ? À quel type de criminel sexuel les Français pensent-ils lorsqu'ils se prononcent quasi unanimement pour l'application immédiate d'une telle loi ? La plupart ont en tête un sombre individu qui, caché dans un bois, saute sur un enfant qui ne le connaît ni d'Ève ni d'Adam. Mais ce violeur venu d'ailleurs n'est pas le violeur type. Le pédophile le plus fréquent, comme le violeur en général, se
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