« La Poste essaie d’habituer les gens à se passer d’elle »
Autour de Guéret, dans la Creuse, ou en Seine-Saint-Denis, usagers et élus constatent une disparition progressive des services postaux. Les premiers à en pâtir sont les plus défavorisés et les personnes âgées. Reportage.
dans l’hebdo N° 1027 Acheter ce numéro
Quand Sylvie, habitante d’Ahun, 1 500 habitants, à une vingtaine de kilomètres de Guéret, siège de la préfecture et du conseil général de la Creuse, poste une lettre à un ami ou à une administration de sa commune, son courrier passe par Limoges, à une bonne centaine de kilomètres. Parce que, depuis trois ans, le centre de tri postal départemental a été supprimé. Quand Bernard, enseignant à la retraite, glisse une lettre dans une boîte de Guéret, celle-ci va également faire un tour à Limoges avant de parvenir à son destinataire quelques rues ou quartiers plus loin. Avec des délais qui s’allongent chaque mois. « Il faut en moyenne quarante-huit heures pour qu’un courrier aille de Guéret à Guéret, raconte Bernard, et le délai peut atteindre six jours. Allez à notre poste centrale, vous trouverez un immense bâtiment quasiment vide. C’est d’une tristesse qui illustre bien nos problèmes. » Sylvie, Bernard et beaucoup d’autres, rencontrés à Aubusson et dans les villages environnants, se plaignent des journaux et magazines qui leur parviennent avec un retard grandissant. Certains de leurs hebdos du jeudi ne leur sont remis que le samedi.