Fauchage d’OGM : la vigne qui cache la forêt
Des pieds de vigne transgéniques ont été arrachés le 15 août dans un champ expérimental de l’Inra à Colmar. Au-delà du débat sur la sécurité des OGM, l’affaire révèle une politique tournée vers les agro-industries. D’autres façons d’innover existent pourtant, soulignent des chercheurs.
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Les vignes OGM déterrées le 15 août dans un champ expérimental de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Colmar exhument une réalité souterraine complexe et ramifiée. Celle de la privatisation d’un institut de recherche public. L’organisme de recherche appliquée a de plus en plus de mal à développer des approches suffisamment plurielles pour permettre au plus grand nombre d’en bénéficier. Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum d’histoire naturelle, généticien et détracteur des OGM, exprime le fond du problème : « Avec cette vigne, c’est une perte de temps d’évoquer les risques, qui sont ici minimes. L’enjeu, c’est le lobbying qui sous-tend cette affaire. Cette vigne est un cheval de Troie. » Selon lui, et pour des syndicats comme SUD, la Confédération paysanne ou encore Greenpeace, cette vigne résistante au court-noué, une maladie virale courante, servirait d’instrument de passage en force des OGM.